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mercredi 14 octobre 2026
Sécurité

Le futur porte-avions français reste dépendant des catapultes américaines

La Marine nationale juge le contrat EMALS non menacé mais prépare des stocks de pièces et une étude de solution souveraine attendue en 2028.

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Essai du système de catapulte électromagnétique EMALS sur un porte-avions américain
U.S. Navy, Petty Officer 2nd Class Cory Rose, via Wikimedia Commons — Public domain (lien — Source: lien

La France ne considère pas menacé le contrat américain destiné à équiper de catapultes électromagnétiques son futur porte-avions France Libre. Le chef d’état-major de la Marine, l’amiral Christophe Cluzel, a indiqué devant les députés que Washington n’avait pas encore arrêté sa décision sur l’avenir du système EMALS.

L’incertitude est née après la demande de Donald Trump de revenir aux catapultes à vapeur sur les futurs bâtiments américains. La France a pourtant retenu la technologie électromagnétique pour lancer les avions depuis son prochain porte-avions, appelé à remplacer le Charles de Gaulle autour de 2038.

Christophe Cluzel doit aborder le dossier avec son homologue américain. Il estime que la dépendance aux États-Unis a été identifiée et acceptée dans le programme, tout en reconnaissant qu’elle concerne un équipement central pour l’activité aérienne du navire.

La stratégie française repose d’abord sur la sécurisation du soutien. Un stock important de pièces détachées doit être acheté dès le début du programme afin de réduire l’exposition à une interruption de la chaîne américaine. Naval Group pilote la construction du bâtiment.

Une deuxième voie consiste à examiner une capacité nationale. Une étude doit évaluer la faisabilité, le coût et les délais d’une catapulte conçue en France, avec des conclusions attendues en 2028. L’amiral juge cette solution techniquement accessible mais trop longue et nettement plus chère pour l’échéance actuelle du France Libre.

Le choix des catapultes illustre une autonomie stratégique à géométrie variable. La France conserve la maîtrise du bâtiment, de sa propulsion nucléaire et de son groupe aérien, mais dépend d’un fournisseur américain pour le lancement et l’appontage. La décision finale de l’US Navy pèsera donc moins sur la conception du navire que sur la durée de vie industrielle du système retenu.