Le parquet national antiterroriste a repris mardi 13 octobre l’enquête ouverte après les tirs survenus la veille au collège Joseph-Lakanal d’Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône. Cette saisine constitue le principal fait nouveau du dossier. Elle intervient alors que les premières investigations font apparaître, selon le parquet, une possible adhésion de l’adolescent mis en cause à la mouvance dite True Crime Community.
Le suspect, âgé de 14 ans et scolarisé dans l’établissement, est soupçonné d’avoir utilisé un fusil de chasse lundi matin. Le principal du collège, âgé de 53 ans, a été touché à la hanche et une enseignante de 37 ans à la cuisse. La ville d’Aubagne a indiqué que leur pronostic vital n’était pas engagé. Aucun élève n’a été physiquement blessé.
Le passage du dossier au PNAT ne préjuge pas des conclusions de l’enquête. Le parquet évoque une adhésion probable à un univers numérique qui glorifie des auteurs de tueries de masse et peut encourager des violences extrêmes. Le mobile précis de l’adolescent reste toutefois indéterminé à ce stade.
Une qualification terroriste désormais examinée
L’enquête porte désormais sur des tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste, une association de malfaiteurs terroriste en vue de crimes contre les personnes et des infractions à la législation sur les armes. Les investigations ont été confiées à la Sous-direction antiterroriste, à la Direction générale de la sécurité intérieure et à la direction zonale de la police nationale Sud.
Cette qualification traduit l’orientation juridique retenue pour poursuivre les vérifications. Elle ne signifie ni que l’adhésion idéologique est établie ni qu’un projet plus large est démontré. Les enquêteurs doivent notamment préciser le parcours numérique du mineur, l’origine de l’arme et les circonstances exactes de son passage à l’acte.
Le collège placé sous protection après l’attaque
La chronologie publiée par la mairie montre que l’adolescent a été interpellé à 9 h 45 après avoir été maîtrisé par un conseiller principal d’éducation dans un couloir. Les élèves ont ensuite été confinés puis évacués progressivement. Une cellule d’urgence médico-psychologique a été déployée pour les enfants, leurs familles et les personnels.
Les ministres de l’Intérieur et de l’Éducation nationale se sont rendus à Aubagne le 12 octobre. Leur déplacement a porté sur le soutien à la communauté éducative et la sécurisation de l’établissement. Le nouveau volet antiterroriste doit maintenant établir si les éléments relevés en ligne ont joué un rôle direct dans les faits ou s’ils relèvent seulement de l’environnement personnel du suspect.





