Laurent Boyer a été jugé lundi à Paris pour des faits de violences conjugales et d’atteinte à la vie privée : le procureur a requis huit mois de prison avec sursis et une amende de 5 000 euros, ainsi qu’un sursis probatoire de trois ans assorti d’une obligation de soins. Le verdict est attendu le 11 mai. L’animateur, âgé de 68 ans et ancien visage de M6, est actuellement écarté de l’antenne de RTL en raison de cette affaire.
Selon Le Parisien, le ministère public a demandé un dispositif probatoire — suspension de l’exécution de la peine avec obligations pendant trois ans — comprenant notamment un suivi psychologique. En droit pénal français, un sursis probatoire implique généralement une période durant laquelle le condamné doit respecter des obligations définies par le juge sous peine de voir la condamnation mise à exécution.
Les faits reprochés concernent à la fois des violences physiques et psychologiques à l’encontre de son ex-compagne, ainsi qu’une atteinte à la vie privée consistant, d’après l’accusation, en l’utilisation de son identité sur des réseaux sociaux et en la diffusion d’images la montrant « quasi-dénudée ». L’avocate de la plaignante, Me Manon François, a décrit devant la cour une accumulation de « termes outrageants, humiliants, dégradants » et un « comportement au bord du harcèlement », selon Le Parisien.
Laurent Boyer conteste des faits qui lui sont reprochés
À la barre, Laurent Boyer a contesté plusieurs éléments des accusations tout en se défendant par des explications personnelles. Diagnostiqué hyperactif, il a affirmé avoir été « fou amoureux » de son ex-compagne et cité la phrase « C’était la femme de ma vie. C’est la femme de ma mort », se référant à une formule prononcée par Claude Nougaro à propos de sa propre épouse.
Il a reconnu être « passionné dans tout ce que je fais », en lien avec les tensions évoquées lors de l’audience. Interrogé sur un incident survenu lors d’un réveillon — au cours duquel la partie civile affirme qu’il l’aurait crachée et brusquée après avoir vu un message — il a dit ne pas s’en souvenir et qualifié la soirée de « merveilleuse ». Sur la question des propos tenus, il a admis que, « à force de me pousser à bout, par la parole, par des invectives », le langage pouvait devenir « intuitif » et a reconnu des réactions liées à la jalousie.
La défense, assurée par Me Marie-Alix Canu-Bernard, a plaidé la relaxe. L’avocate a décrit la relation comme « compliquée » et soutenu que la plaignante aurait elle-même pu tenir des propos blessants à l’encontre de son client. Les débats se sont appuyés sur ces éléments contradictoires et sur les témoignages et pièces produits au dossier.





