La France ne se trouve pas dans une crise de financement comparable à celle qu’a connue la Grèce, mais elle doit agir rapidement sur sa dette. C’est l’analyse livrée mardi 13 octobre par Stéphane Boujnah, président du directoire d’Euronext, lors d’un entretien sur France Inter.
Le dirigeant juge la situation difficile sans considérer que le pays a perdu l’accès aux marchés. Cette distinction est importante puisque l’État continue de placer ses titres, tandis que les investisseurs demandent des rendements plus élevés dans un contexte de déficits persistants.
La charge d’intérêts devrait atteindre 91 milliards d’euros en 2027, selon des chiffres également avancés devant la commission des finances du Sénat. Cette somme augmenterait de plus de 10 milliards d’euros sur un an et pèserait davantage sur les choix budgétaires.
La comparaison avec la Grèce trouve cependant ses limites. Selon des spécialistes de la gestion obligataire interrogés par l’AFP, la France ne fait pas face à un besoin immédiat de refinancement de la totalité de sa dette et environ 14 % de l’encours arrive à échéance en 2027.
Des marchés encore ouverts mais plus exigeants
Le signal d’alerte vient du coût de l’emprunt. Le rendement de la dette française à dix ans a fortement progressé au début d’octobre, ce qui augmente progressivement la facture à mesure que l’État remplace des titres anciens par de nouveaux emprunts plus chers.
Stéphane Boujnah insiste sur le temps dont dispose encore la France pour corriger sa trajectoire. Son diagnostic ne constitue pas une garantie sur l’évolution future des taux, mais une appréciation de la liquidité actuelle du marché et de la capacité du pays à lever des fonds.
La pression dépendra aussi des décisions budgétaires et de la confiance accordée à la réduction des déficits. Les prochaines émissions de dette, les débats sur le budget 2027 et les évaluations des agences de notation fourniront de nouveaux indicateurs sur cette confiance.





