La hausse du gazole pèse sur les stations-service indépendantes, particulièrement dans les territoires ruraux où les exploitants disposent de moins de marges financières. À Salles-Curan, dans l’Aveyron, Jacques Vaysse dit avoir constaté lundi 12 octobre un prix de 2,45 euros le litre et une progression de 16 centimes en trois semaines.
Le garagiste, qui préside la branche carburant de la Fédération nationale de l’automobile, affirme sur Ici Occitanie avoir perdu environ 40 % de sa clientèle. Cette estimation décrit la situation de son établissement et ne peut pas être étendue à l’ensemble du réseau indépendant.
Son alerte intervient au moment où le gouvernement prépare la mise sur le marché de 10 millions de barils de gazole issus des stocks stratégiques. L’exécutif attend une baisse moyenne de 12 à 18 centimes par litre pendant trois mois, de novembre à janvier, et assure que tous les distributeurs doivent bénéficier du dispositif.
La promesse reste suspendue à sa mise en œuvre opérationnelle. Le gouvernement explique que le carburant stocké sera cédé à un coût inférieur au prix de marché et que la diminution devra être répercutée à la pompe. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes doit suivre chaque semaine les prix d’achat et les marges.
Pour les petites stations, l’enjeu dépasse le seul niveau affiché sur le totem. Une hausse rapide renchérit le renouvellement des stocks et immobilise davantage de trésorerie, alors que les volumes vendus peuvent reculer. Jacques Vaysse redoute des fermetures si les exploitants ruraux ne disposent pas d’un soutien adapté.
La situation est aussi compliquée par les difficultés d’approvisionnement. Le site officiel des prix des carburants indiquait lundi à 7 heures que 14 % des stations d’Occitanie connaissaient une rupture sur au moins un produit, contre 13 % de stations en difficulté à l’échelle nationale.
Des aides ciblées ont parallèlement été annoncées pour les travailleurs qui roulent beaucoup et plusieurs professions exposées. Pour les automobilistes, l’effet concret de la libération des stocks ne pourra être mesuré qu’après l’arrivée du gazole concerné dans les stations et la publication des premiers relevés de contrôle.





