Le président du syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest, Nicolas Lafon, réclame l’intervention urgente de l’État et des prix négociés au sein de la filière pour absorber la décote brutale subie sur la revente du bois brûlé. Cette prise de parole intervient après les gigantesques feux de forêt qui ont ravagé le département de la Gironde durant l’été 2026.
L’ampleur des destructions pèse lourdement sur l’équilibre économique régional. Les volumes de bois sinistrés sont évalués à un peu plus de quatre millions de mètres cubes pour les trois grands incendies estivaux, auxquels s’ajoute environ un million de mètres cubes abattus par les tempêtes hivernales Pedro et Nils de février 2026. Cette accumulation représente l’équivalent de près d’une année complète de production forestière.
Face à cet engorgement du marché, les débouchés se révèlent inégaux. Si les grumes de gros diamètre parviennent encore à être orientées vers les unités de sciage industriel, le petit bois et le bois de trituration font l’objet d’offres d’achat aux prix fortement dévalués. Les exploitants forestiers qualifient ces propositions commerciales d’inacceptables face aux frais d’extraction engagés.
Dans le même temps, les professionnels mènent des chantiers d’abattage rapide afin d’évacuer la matière des parcelles touchées. Cette opération vise à écouler les stocks tout en enrayant la menace d’une crise sanitaire majeure en 2027, provoquée par la prolifération d’insectes ravageurs tels que les scolytes ou le nématode du pin sur ces arbres fragilisés.
Une couverture assurantielle très minoritaire
La vulnérabilité des exploitants s’accroît d’autant plus que seulement 30 % environ du massif forestier concerné est couvert par une assurance. Privés d’indemnisation pour la majorité de leurs surfaces, les sylviculteurs demandent un appui financier public dédié au broyage des parcelles de jeunes peuplements devenus totalement inexploitables, une requête restée sans réponse de la part des pouvoirs publics.
