Le recul des glaciers modifie déjà les cartes de randonnée de l’IGN. Dans un reportage diffusé jeudi 29 octobre par franceinfo, Olivier Laporte, responsable de ces cartes, décrit des changements de noms et de contours dans les Alpes. Le glacier de la Blanche, dans les Alpes-de-Haute-Provence, figure désormais avec la mention « ancien glacier ».
Ces révisions ne datent pas toutes de ce jeudi. Le responsable présente notamment une carte savoyarde actualisée en juin 2026. Il explique que les cartographes croisent les images aériennes avec les informations des acteurs locaux, parmi lesquels les parcs nationaux et les pelotons de gendarmerie de haute montagne.
Les changements concernent aussi l’eau qui apparaît dans le paysage. Un lac observé l’année dernière dans la réserve naturelle de la Grande Sassière, près de Tignes, a ainsi été ajouté cette année à une carte au 1/25 000, selon son témoignage. À cette échelle, un centimètre représente 250 mètres sur le terrain.
Des repères qui servent à préparer l’itinéraire
La carte de montagne ne sert pas seulement à nommer les sommets. Elle donne une représentation des pentes, des altitudes et des surfaces que l’on prévoit de traverser. Dans une présentation publiée par le comité scientifique de la Fédération française des clubs alpins et de montagne, Hervé Quinquenel, spécialiste de la cartographie à l’IGN, souligne ce double rôle d’information et de sécurité.
La modification du figuré d’un glacier change donc la lecture d’un itinéraire. Le nom peut subsister pour conserver un repère géographique, alors que le dessin indique une autre nature de terrain. Le reportage de franceinfo rappelle cette différence entre la présence d’un toponyme et celle d’une surface glaciaire.
Les archives permettent de replacer ces transformations dans le temps. L’IGN propose sur son service Remonter le temps des cartes anciennes et des photographies aériennes que l’on peut comparer à des documents plus récents. Cette consultation donne à voir le déplacement des fronts glaciaires sur plusieurs décennies, au-delà des seules différences entre deux éditions papier.
La tête de l’Estrop le 11 février 2018. Archive du sommet sous lequel se situe le glacier de la Blanche, sans représentation de son état en 2026. Arnaud04 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Réduction et conversion WebP.





