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vendredi 23 octobre 2026
Economie · France

À Quiberon, la belle-iloise défend son modèle face au défi du recrutement

La dernière conserverie quiberonnaise mise sur la vente directe et son ancrage familial pour continuer à produire en Bretagne malgré la pénurie de main-d’œuvre.

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Usine de la belle-iloise à Quiberon
Apllt.56, Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0 — Source

À Quiberon, la conserverie la belle-iloise continue de fabriquer ses produits sur place alors que le secteur s’est fortement contracté en France. L’entreprise familiale, fondée en 1932 sur le port breton, présente la vente directe comme l’un des ressorts de sa résistance face à la concurrence et aux changements de la distribution.

Un reportage diffusé jeudi 22 octobre par France 2 montre une entreprise qui a conservé son implantation historique tout en développant son propre réseau. Son magasin de Quiberon accueille environ 30 000 clients par an selon les données communiquées dans le sujet. Cette fréquentation soutient une stratégie qui permet à la marque de maîtriser davantage la relation avec ses acheteurs.

Le choix ne date pas d’hier. La première boutique a ouvert au cœur de l’usine en juin 1967, d’après l’histoire publiée par la conserverie. À l’époque, l’essor de la grande distribution et la pression de produits fabriqués à moindre coût fragilisaient les conserveries françaises. La vente directe a offert un débouché distinct sans imposer à la maison de renoncer à son positionnement.

La continuité familiale a également joué un rôle central. Bernard Hilliet, fils du fondateur Georges Hilliet, a dirigé la société pendant plus de quarante ans. Sa fille Caroline Hilliet Le Branchu a rejoint l’entreprise en 2006 avant d’en prendre la direction en 2011. La conserverie avait entre-temps transféré sa production en 1993 dans la zone artisanale Plein Ouest, toujours à Quiberon.

Cette croissance ne fait toutefois pas disparaître les tensions du quotidien. Le recrutement constitue désormais l’une des principales difficultés présentées par l’entreprise. Les métiers de production exigent une main-d’œuvre disponible dans un territoire littoral où le logement, la saisonnalité et la concurrence entre employeurs compliquent les embauches.

La marque a choisi de répondre par la diversification de ses circuits. Après les boutiques du littoral, elle a développé la vente à distance puis étendu son réseau dans plusieurs régions. En 2022, année de ses 90 ans, elle a ouvert son 90e magasin à Angers. Cette organisation donne à l’usine de Quiberon un accès direct à une clientèle nationale sans déplacer son outil de production.

Le modèle reste néanmoins lié à une promesse exigeante. Produire en Bretagne, maintenir des savoir-faire manuels et vendre par un réseau propre augmente les contraintes au moment où le secteur alimentaire surveille étroitement ses coûts. La conserverie mise sur la fidélité de ses clients et sur son histoire locale pour absorber cette pression.