Arrêter les éoliennes lorsque les chauves-souris sont les plus actives réduit fortement le nombre d’animaux tués. Une étude présentée le 20 octobre par le Muséum national d’Histoire naturelle mesure une baisse de mortalité supérieure à 80 % sur les parcs où ces interruptions sont adaptées à l’activité locale des mammifères.
Le résultat porte sur le bridage, une méthode qui suspend temporairement la rotation des machines. Il ne s’agit pas de les arrêter chaque nuit sans distinction. Les périodes visées correspondent notamment à des températures douces et à un vent faible, des conditions favorables aux déplacements des chauves-souris.
Relayés dimanche 25 octobre par France Inter, ces travaux reposent sur une comparaison avant et après la mise en place du dispositif dans 38 parcs. Seize autres sites, sans changement de fonctionnement, ont servi de témoins. Cette méthode permet de confronter l’évolution constatée dans les installations bridées à celle de parcs restés sans cette mesure.
Un réglage qui doit suivre l’activité des animaux
Le Muséum rapporte une diminution de 83 % pour les chauves-souris utilisant une écholocalisation à longue portée et de 84 % pour celles à portée intermédiaire. En revanche, aucun bénéfice significatif n’a été mis en évidence pour les oiseaux migrateurs nocturnes. Le dispositif ne protège donc pas toutes les espèces de la même manière.
La question énergétique reste liée à la précision de ces arrêts. France Inter rapporte que l’ajout de paramètres comme les précipitations peut limiter la perte de production. Les chercheurs travaillent ainsi sur des algorithmes destinés à mieux prévoir la présence des chauves-souris, plutôt que sur un arrêt uniforme des équipements.
Ces réglages ne dispensent pas de choisir avec soin l’implantation des parcs. Andréas Ravache, coauteur des travaux, rappelle que les mesures réduisant les collisions doivent s’accompagner d’un évitement des sites les plus défavorables à la faune dès la conception.
Éoliennes près de Janville en août 2010. Photographie d’archive, sans identification de ce parc parmi les sites étudiés. Tangopaso / Wikimedia Commons, domaine public. Réduction et conversion WebP.





