Une fronde interne secoue la rédaction de BFMTV. Le Syndicat national des journalistes (SNJ) et la CGT du groupe RMC BFM ont diffusé un communiqué cinglant dénonçant ouvertement la ligne éditoriale de la nouvelle tranche confiée à Sonia Mabrouk. Les deux organisations professionnelles s’insurgent contre les orientations prises par cette tranche d’information et déplorent des manquements répétés à la déontologie journalistique sur le plateau de la chaîne d’information en continu.
Les syndicats fustigent tout particulièrement l’absence de contradiction et de recadrage historique constatée lors de l’entretien du 7 septembre 2026 avec l’eurodéputée Sarah Knafo. Cette dernière avait alors développé à l’antenne les notions controversées de Français « de souche » et « de branche », sans faire l’objet de relances critiques ni de mise en perspective de la part de l’intervieweuse pour contextualiser ces déclarations identitaires.
Le texte syndical reproche également à l’émission d’avoir laissé l’homme politique Bruno Retailleau opérer sans contradiction un amalgame entre La France insoumise et l’islamisme. Les représentants du personnel dénoncent l’absence de rigueur face à ces affirmations formulées à l’antenne, estimant que la parole des invités de droite et d’extrême droite est relayée sans faire l’objet du travail d’interpellation journalistique élémentaire attendu sur le canal d’information.
Pour étayer leurs accusations, les organisations s’appuient sur un relevé quantitatif précis des temps de parole. D’après les relevés syndicaux établis entre le 24 août et le 8 septembre 2026, les personnalités d’extrême droite comptent pour 25,5 % des intervenants dans l’émission de Sonia Mabrouk. Cette proportion dépasse très largement les taux enregistrés dans d’autres rendez-vous de la chaîne, où l’extrême droite représente 11,8 % des invités chez Olivier Truchot et Alain Marschall, et seulement 4,6 % chez Apolline de Malherbe.
L’intersyndicale dénonce la passivité de la direction
L’intersyndicale dénonce un « renoncement collectif » de la direction de BFMTV face à la banalisation de ces discours sans contrepoint. Le communiqué critique aussi directement l’absence de contradicteur régulier face au rendez-vous hebdomadaire accordé au maire de Béziers Robert Ménard, fustigeant la mise à disposition d’une tribune d’opinion sans confrontation journalistique ou pluraliste récurrente.





