Les épisodes intenses de canicule et de sécheresse survenus durant l’été ont infligé de lourds dégâts aux cultures de sapins de Noël à travers l’Allemagne. Les plantations situées dans le Land de Bade-Wurtemberg figurent parmi les plus durement touchées par ce stress hydrique prolongé, qui a compromis la survie des végétaux les plus fragiles.
Dans ce Land du sud-ouest, le bilan s’avère particulièrement désastreux pour les petites structures agricoles, où les pertes atteignent jusqu’à 90 % sur les jeunes pousses mises en terre manuellement. À l’inverse, les grandes exploitations sylvicoles limitent la casse à environ 10 % de mortalité végétale grâce à l’usage de planteuses mécaniques, dont le soc enfouit les racines beaucoup plus profondément dans le sol meuble.
Malgré l’ampleur du désastre sylvicole, les représentants de la profession excluent tout risque de pénurie sur les marchés pour les fêtes de fin d’année. Les répercussions de cette hécatombe se feront en revanche cruellement sentir d’ici huit à dix ans, une décennie entière étant indispensable pour qu’un conifère atteigne la taille commerciale requise pour la coupe.
La filière conserve néanmoins d’importants bassins de production opérationnels, à l’image de la Bavière voisine. Cette région majeure de la sylviculture allemande abrite plusieurs centaines d’exploitations hautement spécialisées, capables d’acheminer et d’écouler environ quatre millions d’arbres coupés sur les marchés chaque année.
Une répercussion directe sur le portefeuille des ménages
Les consommateurs devront toutefois faire face à un renchérissement du produit en magasin, avec une majoration estimée entre un et trois euros par mètre linéaire d’arbre. Cette revalorisation tarifaire répercute les pertes agricoles récentes, l’envolée des coûts du carburant, des engrais et du transport, ainsi que la baisse du nombre de producteurs liée aux départs à la retraite non renouvelés.





