Le prix de référence européen du gaz naturel, négocié sur le marché néerlandais TTF, a franchi le seuil des 80 euros le mégawattheure. Cette envolée spectaculaire propulse la valeur du combustible à son plus haut sommet enregistré depuis le début de l’année 2023, réveillant les craintes d’une nouvelle crise énergétique majeure sur le continent.
Cette brusque poussée des cours est directement alimentée par l’escalade militaire qui oppose les forces armées des États-Unis et de l’Iran. Des frappes et de vives tensions perturbent la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz, un point de passage stratégique par lequel transite près de 20 % des flux mondiaux de gaz naturel liquéfié (GNL).
Ces perturbations géopolitiques coïncident avec une vulnérabilité accrue des approvisionnements européens. En ce mois de septembre 2026, les stocks de gaz de l’Union européenne affichent un taux de remplissage d’environ 67 % de leurs capacités globales, un niveau nettement inférieur aux plus de 75 % observés à la même période en 2025.
Les répercussions de cette tension sur les marchés de gros frappent déjà directement les ménages. En France, les tarifs de référence du gaz pour les consommateurs ont augmenté d’environ 5 % au cours du mois de septembre 2026. Cette nouvelle majoration porte la hausse cumulée des factures à près de 40 % sur le territoire français depuis janvier 2026.
Vers un mécanisme d’urgence face aux risques de pénurie
Face à ces risques d’approvisionnement, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) est intervenue officiellement le mercredi 9 septembre 2026. L’organisation a formellement recommandé la mise à l’étude d’un mécanisme de réserves stratégiques collectives de gaz en Europe, un dispositif inédit destiné à prévenir d’éventuelles ruptures physiques d’approvisionnement au cours des prochains mois.





