Le modèle coopératif agricole français, qui pèse 116 milliards d’euros de chiffre d’affaires et contrôle 45 % du marché de l’agroalimentaire, s’engage dans une phase de concentration sans précédent. Cette structure économique centrale emploie aujourd’hui 200 000 salariés et réunit sous son statut trois agriculteurs sur quatre en tant que sociétaires sur l’ensemble du territoire.
Dans le grand Sud-Ouest, l’Autorité de la concurrence a ainsi autorisé la fusion entre la coopérative Terres du Sud, basée en Lot-et-Garonne, et le groupe Vivadour, implanté dans le Gers. Cette union territoriale regroupe 9 000 exploitants agricoles adhérents pour un chiffre d’affaires combiné atteignant environ 1 milliard d’euros.
Ce mouvement s’accélère avec la validation par l’Autorité de la concurrence, en juillet 2026, du rapprochement entre les deux poids lourds Euralis et Maïsadour. Cette nouvelle entité commune franchit un palier d’envergure en donnant naissance à un ensemble économique pesant près de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
À l’échelle interrégionale, les groupes Agrial et Terrena conduisent également un projet de fusion de très grande ampleur. Cette alliance prévoit d’unir 30 000 exploitations agricoles tout en plaçant sous un même commandement des marques grand public majeures, parmi lesquelles figurent Florette, Grand Fermage, Père Dodu et Tipiak.
Bras de fer commercial et tensions sur la gouvernance
La multiplication de ces méga-fusions a pour objectif prioritaire de dégager des économies d’échelle et de renforcer le pouvoir de négociation des producteurs face aux géants de la grande distribution. Cependant, cette course à la taille critique soulève des inquiétudes persistantes sur le maintien de la gouvernance démocratique originelle et accentue la crainte d’un éloignement grandissant entre les équipes dirigeantes et les agriculteurs sociétaires sur le terrain.





