Éprouvé par trois années consécutives d’une sécheresse exceptionnelle, le département des Pyrénées-Orientales mobilise des spéléologues et des hydrogéologues afin d’identifier de nouvelles marges de manœuvre hydriques. Ces spécialistes parcourent les profondeurs du sous-sol local dans le but précis de cartographier et de quantifier avec exactitude les réserves aquifères encore exploitables pour les collectivités.
Les opérations se concentrent notamment sur le territoire de la commune de Saint-Paul-de-Fenouillet. Les équipes de recherche y explorent activement la rivière souterraine alimentant la source de la Tirounère, un cours d’eau dissimulé à plus de trente mètres de profondeur. Cette artère hydrologique serpente au cœur d’un réseau complexe de cavités karstiques avant d’achever sa course naturelle dans le fleuve Agly.
Pour conduire cette mission d’envergure, les autorités ont mandaté les hydro-spéléologues Laurent Hermand et Fabien Levard, rattachés au bureau d’études Tétraèdre Sud. Les deux experts réalisent une campagne d’évaluation approfondie programmée sur une durée totale d’un an, un délai indispensable pour mesurer rigoureusement le potentiel global de la poche aquifère et déterminer les volumes réellement disponibles.
Sur le terrain, les investigations mobilisent des protocoles techniques ciblés pour documenter la dynamique souterraine. Les scientifiques injectent des colorants de traçage et déploient des capteurs électroniques immergés directement dans les galeries inondées. La pose de ces instruments nécessite une progression délicate à travers d’étroits boyaux rocheux ainsi que des navigations en kayak souterrain afin de calculer la vitesse d’écoulement et le débit précis du flux.
Une ressource vitale menacée par la surexploitation
Le captage de la source de la Tirounère constitue un enjeu direct pour la population locale puisqu’il assure déjà l’approvisionnement en eau potable des 1 700 habitants de Saint-Paul-de-Fenouillet. Face aux tensions sur la ressource, les experts alertent sur la vulnérabilité de cet écosystème souterrain et rappellent qu’un pompage excessif ou incontrôlé entraînerait un risque d’assèchement irréversible de l’aquifère.
