Thierry Lhermitte garde de ses dix-huit mois chez Coluche le souvenir d’une maison qui ne désemplissait pas. Invité à revenir sur sa carrière et ses amitiés, le comédien raconte une période où une vingtaine de personnes pouvaient s’attabler chaque soir, tandis que les spectacles et les projets du Splendid occupaient les journées.
L’épisode commence après sa séparation avec Valérie Mairesse. Coluche lui propose alors de s’installer chez lui, rue Gazan, dans le 14e arrondissement de Paris. L’hébergement provisoire s’étire et devient une forme de colocation joyeuse, au rythme des visiteurs, des repas et des discussions qui se prolongent tard.
Au même moment, Thierry Lhermitte joue Ginette Lacaze à l’Élysée Montmartre. Il a raconté que les dimanches pouvaient commencer sans transition entre la maison et la scène, jusqu’à partir au théâtre en pyjama. Derrière la formule, le souvenir décrit surtout un petit monde artistique encore très soudé, où les vies privées et professionnelles se mêlaient.
Une amitié née autour des petites scènes
La relation entre les deux hommes remonte aux débuts du Splendid. La troupe cherchait un local lorsque Coluche travaillait avec des amis sur Le Vrai Chic parisien. Les rencontres autour de ces salles modestes ont créé des liens durables entre une génération de comédiens qui inventait ses propres espaces et ses propres règles.
Thierry Lhermitte a déjà évoqué cette proximité lors des commémorations de la disparition de Coluche. Ses récits varient parfois sur la durée exacte, un an dans certains entretiens, dix-huit mois dans d’autres, mais ils convergent sur l’essentiel. La maison était ouverte, les dîners nombreux et l’humour permanent.
Le nouvel épisode consacré à l’acteur, mis en ligne le 18 octobre, remet ces nuits au centre d’un parcours beaucoup plus large. Il y parle également d’Un Indien dans la ville, des Bronzés, de son intérêt précoce pour l’informatique et de son engagement en faveur de la recherche médicale.
Le souvenir d’un homme derrière le personnage
Lorsque Lhermitte parle de Coluche, il distingue souvent le personnage public de Michel Colucci sans les opposer. Il décrit un homme aussi rapide et drôle dans l’intimité que sur scène, mais également attentif aux autres. L’invitation rue Gazan en est un exemple concret, loin de la seule légende des fêtes.
La photo d’archive choisie pour cet article montre Coluche à Strasbourg, lors d’une conférence de presse sur les Restos du Cœur en février 1986. Elle rappelle qu’à la fin de sa vie, le comique associait encore davantage son immense notoriété à une action sociale devenue durable. Les souvenirs de Thierry Lhermitte complètent ce portrait par le quotidien d’une amitié vécue sans distance.





