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lundi 19 octobre 2026
Economie · France

Stellantis met quatre usines françaises à l’arrêt et fragilise 10 300 emplois

Poissy, Mulhouse, Rennes et Sochaux suspendent temporairement leur production. Les batteries longue autonomie manquent sur deux sites, tandis que les syndicats alertent sur le pouvoir d’achat.

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Vue aérienne de l'usine Stellantis de Mulhouse
DemieK07, Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0 — Source

Quatre usines françaises de Stellantis entrent dans une séquence d’arrêts temporaires qui concerne 8 400 salariés et 1 900 intérimaires. Mulhouse a interrompu sa production le 15 octobre, Poissy lui emboîte le pas ce lundi 19 octobre, puis Rennes et Sochaux doivent s’arrêter les 22 et 23 octobre. Les fermetures dureront d’une à deux semaines selon les sites.

Le manque de batteries à grande autonomie explique les suspensions annoncées à Rennes et à Sochaux. Ces usines assemblent notamment le Citroën C5 Aircross ainsi que les Peugeot 3008 et 5008. Stellantis affirme que la demande pour ces versions électriques reste supérieure aux capacités actuelles d’approvisionnement.

Les cellules et modules concernés proviennent d’Automotive Cells Company, coentreprise détenue par Stellantis, Mercedes-Benz et TotalEnergies. Son usine de Douvrin, dans le Pas-de-Calais, augmente encore ses volumes. ACC assure respecter ses engagements, tandis que le constructeur reconnaît ne pas recevoir assez de batteries pour tenir son programme de production.

Des motifs différents selon les sites

La pénurie de batteries n’explique pas tous les arrêts. À Poissy, où sont assemblés les DS 3 et Opel Mokka, la direction invoque une adaptation aux commandes et aux stocks. À Mulhouse, qui produit les Peugeot 308 et 408, l’interruption est liée à des modèles en fin de cycle. L’usine d’Hordain, spécialisée dans les utilitaires, n’est pas concernée.

À Sochaux, la fermeture est prévue du 23 au 30 octobre. Rennes doit suspendre son activité du 22 au 30 octobre. Le calendrier place donc plusieurs bassins industriels sous le même régime d’activité partielle, alors que les difficultés ne reposent pas toutes sur la même cause.

Pour les salariés permanents, l’indemnisation annoncée représente 84 % du salaire net. Les syndicats redoutent néanmoins une perte de pouvoir d’achat. La CFDT de Rennes souligne que l’activité partielle s’ajoute à la hausse des dépenses de transport, tandis que la CGT de Sochaux estime qu’une baisse des cadences aurait pu éviter une fermeture complète.

Une tension industrielle au-delà des volumes de vente

La situation révèle un décalage entre la demande pour certains véhicules électriques et la capacité de la chaîne d’approvisionnement à fournir les batteries correspondantes. Elle contraste avec les arrêts décidés pour réduire les stocks de modèles thermiques ou hybrides moins demandés.

Stellantis présente ces suspensions comme ponctuelles. Leur coût social sera toutefois très concret dans quatre régions françaises, avec des milliers de foyers touchés et 1 900 intérimaires placés au chômage technique pendant les périodes d’arrêt.