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lundi 19 octobre 2026
Autres Sports · France

Lorette Charpy incarne des carrières de gymnastes devenues plus longues

À bientôt 25 ans, la Française dispute ses sixièmes Mondiaux. Matériel, entraînement individualisé et meilleur suivi médical ont repoussé l’âge de la retraite sportive.

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Lorette Charpy au sol lors d'une compétition de gymnastique artistique
Alex Filipov, Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0 — Source

Lorette Charpy entre en lice ce lundi à Rotterdam pour ses sixièmes Championnats du monde de gymnastique artistique. La Française, qui aura 25 ans en décembre, appartient à une génération qui prolonge nettement sa carrière au plus haut niveau. La Britannique Alice Kinsella, également âgée de 25 ans, revient même sur la scène mondiale après une maternité.

Cette longévité tranche avec l’image historique d’une discipline dominée par des adolescentes. Nadia Comaneci avait ébloui les Jeux olympiques de Montréal à 14 ans en 1976 avant de prendre sa retraite cinq ans plus tard. Aux Jeux de Paris en 2024, le podium du concours général féminin affichait une moyenne d’âge de 24,3 ans, la plus élevée depuis 1956.

Le changement ne vient pas d’un relèvement récent de l’âge d’accès aux compétitions seniors. Il tient surtout à une autre manière de gérer l’entraînement. Les charges sont davantage individualisées, les séances peuvent être adaptées à l’expérience et l’objectif n’est plus nécessairement de répéter le même volume que les plus jeunes.

Le matériel et le suivi protègent davantage

Les agrès ont aussi évolué. Les sols offrent un meilleur amorti et les équipements limitent une partie des impacts répétés. Cette amélioration ne supprime pas les blessures, mais elle contribue à rendre les séances moins destructrices sur la durée.

Le suivi médical occupe désormais une place plus régulière. Kinésithérapie préventive, préparation mentale, visualisation et récupération font partie du quotidien de nombreuses internationales. Les gymnastes consultent avant que la douleur devienne incompatible avec l’entraînement.

Les parcours scolaires et professionnels restent toutefois difficiles à concilier avec un programme de haut niveau. Les aides de l’Agence nationale du sport, des régions ou des clubs offrent un soutien, sans transformer pour autant la gymnastique française en discipline professionnelle.

Rotterdam mesure cette nouvelle maturité

Les Mondiaux se déroulent du 17 au 25 octobre au Rotterdam Ahoy. La délégation féminine française comprend Lorette Charpy, Elena Colas, Morgane Osyssek-Reimer, Maïana Prat et Célia Serber. Les qualifications féminines occupent la journée du 19 octobre avant la finale par équipes prévue mercredi.

La présence simultanée de gymnastes adolescentes et d’athlètes proches de 25 ans élargit les modèles possibles. Lorette Charpy montre qu’une carrière internationale peut désormais traverser plusieurs cycles olympiques, à condition que le corps, les études et les ressources financières restent compatibles avec cette exigence.