Le mont Blanc culmine désormais à 4 807,47 mètres, selon la mesure dévoilée mercredi 14 octobre à Saint-Gervais-les-Bains par les géomètres-experts de Haute-Savoie. Le sommet gagne 1,88 mètre par rapport au relevé de 2023, qui avait établi un point bas à 4 805,59 mètres depuis le début des campagnes modernes en 2001.
Ce nouveau chiffre ne signifie pas que la montagne rocheuse s’est élevée de près de deux mètres. Les instruments mesurent le sommet de la calotte de neige et de glace qui recouvre le relief. Son volume et sa forme changent au gré des précipitations, du vent, des températures, de l’ensoleillement et de la redistribution de la neige.
La campagne a été menée en septembre par une équipe réunissant géomètres, scientifiques et guides. À Saint-Gervais, les organisateurs ont détaillé une ascension mobilisant 32 participants répartis en 11 cordées, avec près de 30 kilos de matériel. Les relevés ont combiné positionnement satellitaire, photogrammétrie par drone, géoradar et mesure du champ de pesanteur.
Plus de 1 300 images aériennes ont servi à modéliser le sommet. L’Institut national de l’information géographique et forestière avait également expliqué avant l’expédition que la mesure de la pesanteur pouvait aider les chercheurs à distinguer les variations liées aux masses de glace de celles qui toucheraient le relief rocheux.
Les spécialistes invitent cependant à ne pas lire une tendance climatique dans un seul relevé. Jean des Garets, président de la chambre des géomètres-experts de Haute-Savoie, a rappelé que le sommet était en mouvement permanent et que l’intérêt scientifique résidait dans la série de mesures accumulée au fil du temps.
La campagne 2026 marque vingt-cinq ans de suivi régulier. En 2001, le mont Blanc avait été mesuré à 4 810,40 mètres. Les écarts de plusieurs mètres observés depuis montrent surtout la mobilité de la calotte sommitale, tandis que les données successives permettent d’étudier son évolution sur la durée.





