Le Grand Raid 2026 sert de terrain à une étude clinique menée par le CHU de La Réunion sur les effets physiologiques de l’ultra-trail. Le protocole ECUM-RUN doit suivre cent coureurs engagés dans les épreuves pour mesurer l’inflammation, la douleur musculaire et la récupération après plusieurs dizaines d’heures d’effort.
Les participants reçoivent soit une association de curcumin, de gingembre et de pipérine, soit un placebo. Les chercheurs comparent ensuite les données recueillies avant et après la course. Le dispositif doit permettre de vérifier une hypothèse dans des conditions réelles, sans supposer à l’avance que le complément étudié est efficace.
Cette prudence est essentielle. L’étude ne constitue ni une recommandation d’usage ni une preuve de bénéfice pour les sportifs. Ses résultats devront être analysés puis publiés avant toute conclusion sur l’effet du produit, sa tolérance ou son intérêt dans la récupération après un ultra-trail.
Le CHU déploie soins et recherche sur le parcours
Le dispositif hospitalier ne se limite pas à ECUM-RUN. Selon la présentation du CHU, quatre équipes médicales sont mobilisées sur les points de prise en charge et 44 étudiants en kinésithérapie participent à l’accompagnement des coureurs. Cette présence complète les postes de secours organisés par le Grand Raid.
Un autre suivi concerne quinze participants vivant avec un diabète de type 1. Leur présence dans une épreuve aussi longue permet d’observer les besoins d’accompagnement dans un environnement extrême, sous surveillance médicale. Là encore, il s’agit d’un cadre encadré qui ne peut pas être généralisé à tous les patients.
L’édition 2026 se déroule du 15 au 18 octobre. La Diagonale des Fous, épreuve principale, totalise environ 180 kilomètres et 10 200 mètres de dénivelé positif jusqu’à l’arrivée au stade de La Redoute à Saint-Denis. La durée de l’effort, les variations d’altitude et la fatigue accumulée offrent aux chercheurs des données difficiles à reproduire en laboratoire.
Les consignes médicales officielles rappellent notamment de ne pas utiliser d’anti-inflammatoires non stéroïdiens pendant la course et d’adapter l’hydratation aux conditions. Ces recommandations restent distinctes du protocole expérimental. Le suivi des cent volontaires doit se poursuivre après leur arrivée afin de comparer leur récupération et les marqueurs retenus par l’équipe de recherche.





