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vendredi 9 octobre 2026
Economie · France

Guadeloupe : la banane antillaise peine à couvrir ses coûts face à la concurrence

En Guadeloupe, une productrice de bananes ne couvre pas ses coûts malgré les aides publiques. La concurrence des fruits importés fragilise la filière antillaise.

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Photographie d'archive de 1955 représentant une plantation bananière en Guadeloupe.
Willem van de Poll / Nationaal Archief — CC0 (https://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/) — Source: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Bananenplantage_in_Guadeloupe,_Bestanddeelnr_252-4182.jpg — Conversion WebP. Willem van de Poll / Nationaal Archief

En Guadeloupe, les producteurs de bananes peinent à couvrir leurs coûts face aux importations moins chères. Un reportage de France Télévisions diffusé le 8 octobre 2026 décrit une filière où l’aide publique reste déterminante pour maintenir les exploitations.

La productrice guadeloupéenne Célia Sinitambirivoutin cultive six hectares de bananiers avec l’appui de sa famille. Selon les chiffres recueillis par France Télévisions dans son exploitation, chaque fruit lui revient à 27 centimes, pour un prix d’achat de 14 centimes et une aide publique de 9 centimes. Il manque ainsi quatre centimes par banane pour atteindre son coût de production.

Cette situation illustre les difficultés d’une activité confrontée aux aléas climatiques, aux maladies des cultures et aux coûts de production. Dans le reportage, son père Hector Sinitambirivoutin évoque les incertitudes qui pèsent sur la poursuite du métier.

Sur le marché hexagonal, la banane antillaise représenterait 21 % des volumes, contre 39 % pour les bananes sud-américaines et 40 % pour les bananes africaines, selon les données présentées par France Télévisions. Les produits concurrents sont parfois vendus sensiblement moins cher.

Le reportage suit également le parcours des fruits expédiés depuis Pointe-à-Pitre vers la métropole, où ils passent par les mûrisseries avant d’être distribués. Les professionnels interrogés soulignent que les aides européennes contribuent au maintien de cette production française.

La question du financement demeure donc centrale pour les exploitations antillaises. France Télévisions indique qu’une revalorisation des subventions pourrait intervenir l’année prochaine, sans la présenter comme une décision déjà actée.

Le diagnostic dépasse le seul témoignage de cette exploitation : dans son rapport d’activité 2024, l’Office de développement de l’économie agricole d’outre-mer (ODEADOM) relève aussi des coûts structurels élevés, les effets des sécheresses et la cercosporiose noire. Selon cet organisme public, 193 000 tonnes de bananes ont été produites dans les Antilles françaises en 2024.