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vendredi 9 octobre 2026
Economie · France

IA : les embauches des 21-29 ans chutent de 28 % dans les métiers les plus exposés

Selon une étude publiée le 8 octobre par la Banque de France et des chercheurs d'HEC, les recrutements en CDI de jeunes reculent bien davantage dans les professions exposées à l'IA générative. Les auteurs ne concluent pas à un lien de causalité établi.

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Entrée de la Banque de France à Paris, photographie d'archive.
Boubloub / Wikimedia Commons — CC0 (https://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/) — Source: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Paris_BdF.jpg Boubloub / Wikimedia Commons

Les embauches en CDI des jeunes de 21 à 29 ans ont reculé d’environ 28 % entre novembre 2022 et mars 2026 dans les métiers français les plus exposés à l’intelligence artificielle générative. Dans les professions les moins exposées, la baisse atteint environ 8 %. Cette différence ressort d’une étude publiée jeudi 8 octobre 2026 par cinq économistes, dont des chercheurs associés à HEC Paris et à la Banque de France.

Leur analyse s’appuie sur des données administratives de mouvements de main-d’œuvre, observées depuis 2019, et sur un indice mesurant les tâches que l’IA pourrait réaliser ou assister. Les écarts de recrutement se concentrent sur les salariés en début de carrière. Ils diminuent chez les trentenaires et les quadragénaires et deviennent presque inexistants après 50 ans.

La tendance ne concerne pas seulement les nouvelles embauches. Chez les 21-29 ans, les fins de CDI ont également diminué, de 23 % dans les métiers les plus exposés, contre 6 % dans les moins exposés. Les entreprises semblent ainsi réduire la rotation des effectifs plutôt que procéder à des suppressions massives d’emplois.

Les chercheurs ont aussi rapproché leurs observations d’une enquête auprès d’environ 6 000 entreprises, dont près de 600 déclaraient utiliser intensivement l’IA au début de 2026. Chez ces dernières, les embauches de jeunes ont évolué moins favorablement, mais l’emploi total ne présente pas de différence statistiquement nette par rapport aux autres entreprises.

Une corrélation, pas encore une preuve de causalité

Les auteurs soulignent que l’étude ne permet pas d’attribuer à l’IA, à elle seule, le recul observé. Le ralentissement de l’économie, l’ajustement du secteur technologique après la pandémie et les transformations du télétravail ont aussi modifié les recrutements depuis 2022.

Cette distinction est essentielle : les chiffres décrivent les embauches dans des métiers exposés, et non des postes dont la disparition aurait été directement causée par un logiciel. Pour les chercheurs, l’enjeu porte également sur l’accès des débutants aux tâches qui leur permettaient autrefois d’acquérir de l’expérience.