La production viticole française devrait s’établir à un peu moins de 34 millions d’hectolitres pour la campagne 2026, selon les prévisions d’Agreste, le service statistique du ministère de l’Agriculture. Ce volume global marque un recul de 6 % par rapport à l’année précédente et accuse une baisse plus marquée de 17 % en comparaison avec la moyenne quinquennale, confirmant un net tassement des rendements nationaux.
Cette contraction s’explique principalement par les assauts répétés du climat au cours de la période estivale. Des canicules successives ont provoqué de lourdes brûlures sur les grappes ainsi que des défoliations sévères dans plusieurs régions durement touchées par la sécheresse. À ces contraintes météorologiques s’ajoute l’impact structurel de la diminution du vignoble en production, directement consécutive au plan d’aide à l’arrachage des vignes.
La situation d’ensemble recouvre toutefois de profonds contrastes territoriaux. Le vignoble de Champagne enregistre la chute la plus sévère, avec une récolte amputée de près de moitié, en baisse de 48 % à 49 % sous l’effet cumulé du gel et du manque d’eau. À l’opposé de cette tendance, le bassin viticole du Languedoc-Roussillon résiste et affiche une légère progression de 5 % par rapport à la vendange de 2025.
Sur le terrain, les exploitants subissent directement les conséquences de ce stress hydrique aigu. Dans le Gard, des viticulteurs comme Patrick Viala rapportent des vendanges particulièrement précoces et observent une perte d’environ 25 % de leur volume habituel, conséquence immédiate d’un déficit pluviométrique critique constaté tout au long de la période végétative.
Des investissements réclamés pour adapter la filière
Pour faire face à la récurrence de ces chocs climatiques destructeurs, les représentants professionnels demandent des mesures d’adaptation pérennes. Jean-Marie Fabre, président des Vignerons indépendants de France, plaide activement pour des financements orientés vers la recherche variétale afin d’accélérer le développement de cépages et de porte-greffes plus résistants, tout en encourageant la construction de retenues collinaires destinées à stocker l’eau.





