Face à la multiplication des altercations entre les usagers de la montagne et les chiens de protection de troupeaux dans les Alpes, des campagnes de sensibilisation sont désormais déployées sur le terrain, en particulier dans le département de la Haute-Savoie. Cette initiative vise à désamorcer les situations à risque alors que promeneurs et bêtes de défense partagent de plus en plus les mêmes espaces.
La présence de ces gardiens à quatre pattes a connu une progression spectaculaire ces dernières années sur l’ensemble de l’arc alpin français. Environ 7 000 chiens de protection, principalement des patous, sont actuellement mobilisés pour prémunir les élevages contre les attaques liées au retour du loup, ce qui représente un effectif global multiplié par deux depuis 2020.
Cette densification sans précédent s’accompagne d’une dégradation nette des rapports avec les usagers des alpages. Les tensions entre randonneurs et chiens de défense s’intensifient de manière continue, passant de quelques signalements sporadiques en 2020 à près d’une centaine d’attaques directes et de morsures recensées au cours de l’année précédente.
Les sportifs chevronnés figurent également parmi les victimes de ces réactions territoriales. Le traileur professionnel Baptiste Ellmenreich a ainsi rapporté avoir subi plusieurs morsures lors d’une sortie en alpage, l’attaque du canidé ayant été provoquée par un mouvement brusque et involontaire causé par une glissade sur le sentier.
Les gestes préconisés pour désamorcer l’agressivité
Afin d’endiguer ces accidents, le programme « Entre chien et loup » de l’ONG WWF diffuse des consignes comportementales strictes aux promeneurs. Il est recommandé de garder impérativement son calme, de s’exprimer d’une voix posée, de poser ses bâtons de marche et de ne jamais fixer l’animal dans les yeux. L’organisation conseille en outre de bailler pour émettre un signal d’apaisement canin et d’effectuer systématiquement un large détour pour contourner les troupeaux.
