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mercredi 14 octobre 2026
Société · France

En Seine-Saint-Denis, l’adresse du domicile réduit encore le choix du lycée

Une étude de l’Institut des politiques publiques mesure l’écart d’accès aux spécialités, aux langues et aux formations supérieures selon le quartier de résidence.

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Lycée Germaine-Tillion au Bourget en Seine-Saint-Denis
Chabe01, Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0 — Source

Le lieu d’habitation pèse fortement sur les possibilités offertes aux lycéens de Seine-Saint-Denis. Un rapport de l’Institut des politiques publiques publié en octobre montre que l’éventail des établissements, des spécialités et des formations post-bac accessibles varie sensiblement d’un quartier à l’autre.

Sur les 35 secteurs scolaires étudiés dans le département, 23 ne comptent qu’un seul lycée de priorité. Cette situation concerne 53 % des jeunes âgés de 11 à 17 ans. Onze secteurs donnent accès à deux lycées et seul celui de Montreuil en propose quatre, dont deux situés dans le Val-de-Marne.

La comparaison avec les départements voisins éclaire l’écart. À Paris, chaque élève dispose de cinq lycées de secteur, tandis qu’en Seine-Saint-Denis la norme se limite à un ou deux établissements. Cette carte plus resserrée réduit mécaniquement les choix de langues et de spécialités à l’entrée au lycée.

L’Île-Saint-Denis apparaît comme le secteur le moins doté pour les parcours généraux. Huit seulement des treize combinaisons de spécialités les plus suivies en terminale y sont proposées. À l’échelle départementale, 37 % des jeunes ont accès à l’ensemble de ces combinaisons dans leur secteur.

L’écart se prolonge après le baccalauréat. Une classe préparatoire aux grandes écoles est présente dans le lycée de secteur de 28 % des élèves de Seine-Saint-Denis, contre 100 % à Paris. Le rapport ne prétend pas qu’une telle présence garantit une admission, mais souligne qu’elle peut influer sur la réputation de l’établissement et élargir les ambitions scolaires.

L’offre linguistique présente elle aussi de fortes disparités. Les trois quarts des jeunes du département peuvent choisir entre trois ou quatre langues vivantes, quand certains secteurs voisins en proposent jusqu’à sept. L’étude relève également des équipes enseignantes moins expérimentées et une proportion plus élevée de contractuels.

Les auteurs ont croisé la sectorisation scolaire, les caractéristiques des établissements, les données de l’Éducation nationale et les temps de trajet en transports en commun. Leur analyse porte sur l’enseignement public et ne mesure donc pas les départs vers le privé ou vers des lycées extérieurs au département.

Le rapport propose de revoir la carte des formations, de redécouper certains secteurs et d’adapter les règles d’affectation. L’arrivée progressive du Grand Paris Express d’ici 2031 pourrait améliorer l’accès à quelques formations professionnelles, mais elle ne suffira pas à elle seule à corriger les écarts dans les voies générale et technologique.