La voiture électrique a franchi un seuil inédit en France. En septembre 2026, plus de 75 000 modèles à batterie ont été immatriculés, soit 42 % du marché des voitures neuves et une progression de 86 % sur un an selon l’Observatoire de l’industrie électrique.
Renault occupe une place centrale dans cette accélération. Les véhicules électriques ont représenté 53,5 % des immatriculations de la marque en France sur l’ensemble du mois de septembre. Lors du dernier week-end commercial, cette part a même approché 60 %, selon son directeur général Fabrice Cambolive cité par Reuters.
Les Enfoirés 2027 à Strasbourg affichent complet, la revente officielle devient le seul recours sûrCette demande se traduit déjà dans l’outil industriel. Le groupe a ajouté une demi-équipe à l’usine de Douai, qui fonctionne désormais avec trois équipes pour produire notamment les Renault 5, Mégane électriques et Nissan Micra. Le site nordiste se trouve ainsi directement exposé au nouveau rythme du marché français.
Le succès ne repose pas seulement sur la hausse du prix des carburants. Les constructeurs européens élargissent enfin leur offre vers des modèles plus petits et moins coûteux, après avoir longtemps privilégié les véhicules haut de gamme et les SUV. Renault propose désormais un modèle à partir de 19 490 euros, tandis que plusieurs marques chinoises se positionnent entre 16 000 et 17 000 euros.
Le réseau d’entretien reste un avantage pour les marques historiques. Pour un acheteur, la présence de garages sur tout le territoire peut peser autant que le prix d’achat, surtout lorsque la voiture doit être réparée loin des grandes villes. Les fabricants chinois progressent, mais doivent encore densifier leur service après-vente.
À l’échelle européenne, la transition demeure contrastée. Les voitures entièrement électriques représentaient 21,7 % des immatriculations dans l’Union européenne sur les huit premiers mois de 2026. Dans le même temps, les ventes de voitures à essence ont reculé de 35,8 % en France, la baisse la plus marquée parmi les grands marchés suivis par l’association des constructeurs européens.
Le record français de septembre ne garantit pas que ce niveau sera maintenu chaque mois. Il montre toutefois que l’électrique n’est plus un segment marginal et que les usines françaises peuvent bénéficier du basculement si les prix, la production et les infrastructures de recharge suivent la demande.




