Les engins forestiers sont de nouveau à l’œuvre dans les massifs incendiés de Gironde, où l’urgence n’est plus d’arrêter les flammes mais de sauver ce qui peut encore l’être. Depuis le 8 septembre, l’accès aux parcelles sinistrées est autorisé et l’exploitation du bois brûlé a commencé, notamment autour de Marcheprime et du Temple.
Le chantier est hors norme. Alliance Forêts Bois estime que plus de 42 000 hectares de forêt ont été touchés dans le massif des Landes de Gascogne et que près de quatre millions de tonnes de bois sont concernées. France Culture évoque de son côté environ 4,5 millions de mètres cubes brûlés en Gironde, soit presque l’équivalent d’une année de récolte régionale.
Les Enfoirés 2027 à Strasbourg affichent complet, la revente officielle devient le seul recours sûrCette arrivée massive de bois fragilisé risque de saturer les débouchés. Les arbres doivent être abattus et transportés avant que les insectes, les champignons et le temps ne dégradent encore leur qualité. Sur une propriété familiale de 500 hectares au Temple, le travail engagé donne la mesure de la tâche qui attend les sylviculteurs.
La difficulté ne tient pas seulement au volume. Le coût du carburant alourdit les opérations d’abattage et de transport, tandis que la crise du bâtiment limite la demande. Les gros bois peuvent encore trouver une place dans les scieries, mais les petits diamètres et le bois de trituration sont plus difficiles à valoriser.
La filière étudie la remise en service d’aires de stockage sous arrosage, une méthode utilisée après la tempête Klaus en 2009 pour préserver temporairement les grumes. Alliance Forêts Bois précise toutefois que cette solution dépendra d’un soutien public, car elle réclame des installations et des dépenses supplémentaires.
Un premier dispositif d’urgence est attendu pour financer le broyage des jeunes pins qui ne peuvent pas être commercialisés. La coopérative estime qu’il faudra au moins deux ans pour récolter l’ensemble des bois sinistrés, sous réserve de l’accessibilité des parcelles pendant l’hiver.
Ce nouveau stade du chantier complète la crise des prix déjà documentée en septembre. L’enjeu immédiat porte désormais sur la capacité à organiser les coupes, le stockage et les débouchés sans accélérer la décote. Les premières opérations de reboisement ne sont pas envisagées avant 2028.




