Des riziculteurs de Camargue utilisent désormais des drones pour semer des couverts végétaux dans des parcelles encore humides et difficiles d’accès aux tracteurs. L’expérimentation, menée dans le cadre du projet Rizilience, vise à protéger les sols entre deux cultures tout en réduisant le recours aux engrais azotés de synthèse.
Le semis intervient peu avant la moisson, alors que la récolte du riz se poursuit jusqu’en novembre. Les appareils déposent notamment des graines de trèfle au-dessus des parcelles inondées. L’humidité et la protection offerte par les plants encore en place favorisent ensuite la levée du couvert végétal.
Une fois développé, ce couvert peut freiner la progression des mauvaises herbes. Sur certaines parcelles, il est pâturé par des moutons, des taureaux ou des chevaux de Camargue. Ailleurs, il est incorporé au sol et sert d’engrais vert grâce à l’azote naturellement fixé par les légumineuses.
Cette méthode répond à une contrainte très concrète. Dans les rizières noyées ou détrempées, les engins terrestres ne peuvent pas toujours intervenir au moment le plus favorable. Le drone apporte une solution plus légère et plus précise que les épandages réalisés auparavant par hélicoptère, tout en permettant de cibler les zones à traiter.
Le projet Rizilience est soutenu par la Compagnie nationale du Rhône dans le cadre de ses plans territoriaux. Il associe des riziculteurs et des organismes agricoles afin de tester des pratiques capables d’améliorer la qualité des sols et d’adapter la culture du riz aux effets du changement climatique.
Le Centre français du riz mène parallèlement plusieurs expérimentations sur les couverts végétaux, l’automatisation de la gestion de l’eau et le désherbage. Les premiers résultats devront être évalués sur plusieurs campagnes avant de mesurer l’impact réel du semis par drone sur les rendements, les intrants et la résistance des parcelles.





