Deezer déploiera avant la fin de 2026 une option permettant à ses utilisateurs d’exclure de leur expérience les morceaux identifiés comme entièrement générés par intelligence artificielle. Le réglage retirera ces titres, les albums concernés et les artistes associés des résultats de recherche.
Le bouton restera réversible. Un auditeur pourra l’activer pour privilégier les œuvres humaines, puis le désactiver s’il souhaite retrouver les contenus synthétiques. La plateforme ne donne pas encore de date plus précise ni de calendrier distinct selon les pays.
Ce filtre élargit une politique déjà appliquée aux recommandations. Depuis 2025, Deezer retire les morceaux entièrement générés par intelligence artificielle de ses sélections éditoriales et de ses recommandations algorithmiques. Ils restaient toutefois accessibles par une recherche directe, ce que la nouvelle option doit changer.
La société affirme avoir détecté plus de 42 millions de titres de ce type entre janvier 2025 et août 2026 et étiqueté plus de 14 millions d’albums. Elle indique recevoir près de 90 000 morceaux entièrement synthétiques par jour, soit plus de la moitié des livraisons lors des pics observés. Ces données proviennent de son propre outil de détection et n’ont pas fait l’objet d’un audit indépendant publié.
Deezer présente la mesure comme une réponse à une demande de choix et de transparence. Une étude réalisée pour l’entreprise par Ipsos en novembre 2025 concluait que 45 % des utilisateurs de streaming interrogés souhaitaient pouvoir filtrer la musique intégralement produite par intelligence artificielle.
La plateforme relie également ce phénomène à la fraude au streaming. D’après ses données, les titres synthétiques ne représentent que 1 à 3 % des écoutes, mais jusqu’à 85 % des flux qu’ils ont générés en 2025 auraient été frauduleux. Les écoutes identifiées comme manipulées sont exclues du calcul des redevances.
L’enjeu dépasse donc le simple confort de recherche. En laissant l’utilisateur choisir tout en maintenant un étiquetage automatique, Deezer tente de séparer découverte musicale, transparence sur l’origine des contenus et lutte contre les écoutes artificiellement gonflées.





