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mercredi 14 octobre 2026
Economie · France

Dans les Landes, Faire du Blé veut entrer dans les cantines sans perdre son modèle paysan

La coopérative transforme du blé landais en farine sans additifs et cherche désormais à augmenter ses volumes pour gagner une place dans la restauration collective.

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Farine de blé entourée d’épis de blé
congerdesign / Wikimedia Commons — CC0 — Source

La coopérative landaise Haria Blanca veut franchir un nouveau cap avec sa marque Faire du Blé. Installé à Mugron, son moulin transforme aujourd’hui environ sept tonnes de farine par mois. Le collectif, qui réunit une quinzaine de producteurs, souhaite doubler ce volume et ouvrir davantage de débouchés dans les cantines.

Le projet repose sur une filière courte construite du champ jusqu’au sac. Les céréales sont produites dans les Landes, puis moulues localement sur meule de pierre et cylindres. La coopérative affirme ne pas utiliser d’additifs et fixe parmi ses objectifs une rémunération plus juste des agriculteurs engagés.

L’entrée dans la restauration collective changerait l’échelle commerciale sans modifier nécessairement le principe du projet. Une cantine commande des volumes réguliers et doit compter sur une qualité stable, une traçabilité solide et des livraisons prévisibles. Pour une petite structure, le défi tient donc autant à l’organisation qu’à la production agricole.

Une filière conçue autour des fermes landaises

Faire du Blé indique réunir quinze producteurs et productrices, cent hectares engagés et une capacité affichée de deux cents tonnes de farine. Les agriculteurs restent libres du choix des variétés, mais partagent une charte destinée à garantir la transparence des itinéraires techniques et la régularité du produit final.

La coopérative met en avant les rotations de cultures, l’usage de légumineuses et l’adaptation des variétés aux conditions locales. Elle interdit les traitements phytosanitaires après semis. Cette organisation vise à rendre la culture du blé panifiable plus cohérente avec les systèmes de polyculture et d’élevage présents dans le département.

Le passage aux cantines impose un équilibre

Le débouché scolaire peut offrir une visibilité aux producteurs et rapprocher les achats publics de l’agriculture locale. Il suppose toutefois de tenir un prix compatible avec les budgets des collectivités, tout en préservant la rémunération des fermes et le coût réel de la transformation. La régularité des approvisionnements devient également centrale lorsque les menus sont planifiés plusieurs semaines à l’avance.

Faire du Blé cherche parallèlement à améliorer l’ergonomie de son moulin et à réduire la pénibilité du travail grâce à un financement participatif. Ce besoin d’investissement montre la limite du modèle actuel. Avant de livrer davantage de cantines, la coopérative doit gagner en efficacité sans se transformer en simple fournisseur de volume. Ses farines restent pour l’instant vendues directement par les paysans, dans des magasins partenaires et chez des boulangers du territoire.