La Maison Marguerite de Mazan, dans le Vaucluse, accueille depuis le 1er juillet des seniors qui ne souhaitent plus vivre seuls sans pour autant rejoindre un établissement médicalisé. Sept personnes avaient déjà emménagé au moment de la présentation du lieu. La maison peut recevoir jusqu’à dix colocataires.
Chaque habitant dispose d’un espace privé avec une chambre et une salle d’eau, tout en partageant la cuisine, les repas et les activités. Le fonctionnement cherche à préserver les habitudes individuelles plutôt qu’à imposer un rythme collectif uniforme. La participation à la vie commune reste liée aux envies et aux capacités de chacun.
Cette formule s’adresse à des personnes encore autonomes qui veulent sécuriser leur quotidien et rompre l’isolement. Elle ne remplace pas un Ehpad lorsque des soins constants deviennent nécessaires. Elle se situe entre le maintien à domicile classique et l’hébergement collectif médicalisé.
Une petite unité organisée comme un domicile
Le réseau Maisons Marguerite indique que ses colocations accueillent neuf à dix personnes. Les espaces communs sont conçus pour les repas, les échanges et les activités, tandis que les chambres doivent préserver l’intimité. Les résidents peuvent apporter des meubles et des objets personnels afin de conserver leurs repères.
Une personne référente accompagne la vie de la maison et coordonne les interventions extérieures. Les courses, les repas et l’entretien peuvent être organisés collectivement, sans retirer aux habitants leur liberté de décision. Ce cadre vise notamment à alléger certaines tâches devenues difficiles et à rassurer les proches.
Le défi du vieillissement sans isolement
À Mazan comme dans de nombreuses communes, le vieillissement de la population pose une question concrète de logement. Rester chez soi peut devenir fragile lorsque les déplacements se réduisent ou que les proches habitent loin. L’entrée en établissement reste de son côté une décision lourde, parfois prise dans l’urgence après une chute ou une hospitalisation.
La colocation senior tente de retarder cette rupture en maintenant une vie domestique ordinaire. Son intérêt dépend toutefois de l’adéquation entre les attentes des habitants, le niveau d’accompagnement disponible et l’évolution de leur autonomie. La maison de Mazan complète ainsi l’offre locale avec un nombre limité de places et un modèle fondé sur la proximité quotidienne.





