La France compte plus de 150 000 hectares de tourbières selon un nouvel atlas national présenté en octobre. Ce travail, fondé sur un inventaire mené en 2025, offre la première photographie complète de ces zones humides depuis 1949, lorsque 63 000 hectares avaient été recensés.
Cette hausse ne signifie pas que les tourbières ont progressé. Elle reflète surtout une connaissance plus précise et l’harmonisation de données longtemps dispersées. L’ouvrage a été porté par le WWF France et l’Université Marie et Louis Pasteur, avec l’appui scientifique de la Fédération des conservatoires d’espaces naturels et une édition de Biotope.
Le site des tourbières de Mazerolles, près de Nantes, a servi de cadre à une présentation locale de l’atlas. Ce vaste ensemble du marais de l’Erdre illustre la valeur concrète de ces milieux, capables de retenir l’eau, d’abriter une biodiversité spécialisée et de stocker durablement du carbone.
Une carte pour orienter les restaurations
Les tourbières ne couvrent qu’environ 0,3 pour cent du territoire métropolitain, mais le WWF estime qu’elles renferment près de 690 millions de tonnes équivalent dioxyde de carbone et 1,5 milliard de mètres cubes d’eau douce. Entre 40 et 70 pour cent seraient dégradées sous l’effet du drainage, de l’urbanisation, des usages agricoles ou forestiers et de l’exploitation passée de la tourbe.
L’atlas doit aider les collectivités, les gestionnaires et les services de l’État à localiser les sites, à évaluer leur état et à hiérarchiser les opérations de restauration. Lorsqu’une tourbière est asséchée, la matière organique accumulée se décompose plus vite et peut relâcher le carbone qu’elle stockait.
À Mazerolles, la LPO et le WWF ont acquis ensemble plus de 500 hectares et préparent des travaux sur les roselières, les prairies humides et la gestion des niveaux d’eau. Le site Natura 2000 accueille plus de 200 espèces d’oiseaux ainsi que la loutre d’Europe et l’anguille européenne.





