À Maen Roch, en Ille-et-Vilaine, Benoît Le Duc dresse un constat alarmant sur ses parcelles. Cet éleveur de vaches laitières en agriculture biologique déplore la perte de près de 50 % de sa production de maïs, conséquence directe du déficit prolongé de précipitations et des vagues de chaleur successives qui ont stoppé net le développement végétal.
Cette situation critique s’inscrit dans un contexte météorologique exceptionnel qui a conduit les services de l’État à placer le département d’Ille-et-Vilaine en alerte sécheresse maximale au niveau de crise à compter du 15 août. Cette mesure fait suite à un mois de juillet historiquement sec en Bretagne, marqué par des températures extrêmes atteignant localement jusqu’à 42 °C.
Privés de pâturages utilisables sur des prairies entièrement grillées, les exploitants se retrouvent contraints d’entamer précocement les réserves de fourrage normalement réservées à l’hiver. Afin de ménager ces stocks déjà amoindris et de préserver la nourriture disponible, plusieurs éleveurs ont pris la décision d’interrompre la traite des vaches dont les rendements laitiers sont les moins élevés.
Le recours aux achats extérieurs s’avère lourdement pénalisant sur le plan financier, la tonne d’aliments biologiques pour bétail se négociant à 650 euros. La solidarité interrégionale classique entre producteurs reste par ailleurs bloquée, l’ensemble des territoires agricoles de l’Hexagone subissant simultanément le même manque d’eau généralisé.
Changement de culture et dérogations d’urgence
Pour s’adapter à la multiplication de ces épisodes arides, des agriculteurs bretons planifient dès à présent la suppression du maïs dans leurs assolements au profit du sorgho, une plante moins gourmande en ressources hydriques. D’autres professionnels prévoient d’effectuer des demandes de dérogations temporaires pour être autorisés à nourrir leurs bêtes avec du fourrage issu de l’agriculture conventionnelle non biologique.





