PARIS — Le Rassemblement national a confirmé son intention de soumettre à un référendum populaire l’interdiction du port du voile islamique dans l’espace public si Marine Le Pen accède à l’Élysée lors du scrutin présidentiel de 2027. La formation politique réaffirme ainsi une mesure emblématique de son programme concernant la neutralité confessionnelle et les symboles religieux visibles au quotidien.
Cette proposition rencontre une adhésion significative au sein de la population. Selon les résultats d’un sondage réalisé conjointement pour les antennes de CNews, Europe 1 et Le Journal du dimanche, 60 % des personnes interrogées se déclarent favorables à une proscription totale du foulard islamique dans l’ensemble des lieux publics.
Le droit français encadre déjà la visibilité des emblèmes confessionnels sans pour autant proscrire le foulard ordinaire dans la rue. La loi adoptée en 2004 interdit les signes religieux ostensibles aux élèves scolarisés dans les écoles publiques, tandis que le texte promulgué en 2010 sanctionne la dissimulation intégrale du visage dans l’espace public.
À l’échelle du continent, le projet défendu par le mouvement politique constituerait une première. Bien que plusieurs États comme la Belgique, l’Autriche, le Danemark ou la Suisse aient banni le voile intégral dissimulant le visage, aucune nation européenne n’a instauré à ce jour d’interdiction générale du simple hijab sur l’ensemble de son domaine public.
Pratique religieuse et données sociologiques
Sur le plan sociologique, les données publiées par l’Insee pour l’année 2020 révèlent qu’environ 10 % de la population résidant sur le territoire national se déclare musulmane. Parmi les femmes de confession musulmane âgées de 18 à 49 ans, 26 % déclarent porter le voile, une proportion en hausse par rapport aux 18 % mesurés en 2009.



