Le vignoble de l’AOC Irouléguy, niché dans le département des Pyrénées-Atlantiques, a officiellement lancé ses vendanges, qualifiées d’historiquement précoces par les observateurs de la filière. Cette appellation singulière, qui couvre environ 270 hectares de coteaux répartis sur 16 communes de Basse-Navarre, enregistre un calendrier inhabituellement avancé pour la cueillette de ses parcelles escarpées.
Cette mobilisation générale s’organise autour d’acteurs majeurs du territoire, à commencer par la Cave coopérative de Saint-Étienne-de-Baïgorry. Véritable poumon de la production locale, cet établissement rassemble à lui seul 28 coopérateurs, ce qui représente environ la moitié des producteurs en activité et près de 50 % de la superficie totale classée en appellation.
Dans les exploitations indépendantes, le rythme s’accélère également grâce à la solidarité locale. Dans le quartier de Guermiette, sur les hauteurs de Baïgorry, les frères Betti et Antton Haristoy, à la tête de la ferme Iribarrenea, mènent leurs vendanges exclusivement à la main avec l’aide de leur famille et de leurs voisins sur six hectares de vignes aménagées en terrasses.
Sur le front de la cueillette, les sécateurs s’activent d’abord sur les parcelles de tannat. Ce cépage emblématique du piémont pyrénéen est traditionnellement le premier à être récolté pour la vinification du vin rosé de l’AOC, une production exigeant de préserver une fraîcheur et des équilibres aromatiques dès les premières heures de la journée.
Une gestion rigoureuse de l’ensoleillement
Ce début de campagne précoce découle directement de conditions météorologiques atypiques. Les épisodes de forte chaleur et l’absence prolongée d’humidité ont constitué un rempart naturel pour la vigne, protégeant efficacement les ceps d’éventuelles attaques de mildiou, une maladie cryptogamique habituellement favorisée par les climats humides.
Ces chaleurs intenses ont toutefois contraint les exploitants à adapter leurs interventions techniques au cœur des rangs. Afin de limiter les risques d’exposition excessive, les viticulteurs ont notamment pratiqué un effeuillage bien plus tardif au cours de l’été, préservant une couverture végétale suffisante pour mettre les grappes à l’abri des brûlures du soleil.





