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samedi 17 octobre 2026
Occitanie · France

Les Forges de Tarbes fragilisées malgré leur rôle clé pour les obus français

Le seul site français produisant les corps d’obus de 155 millimètres traverse une crise financière. L’État suit l’entreprise et la justice a été saisie.

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Les bâtiments industriels de l’Arsenal de Tarbes
Sotos / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0 — Source

Les Forges de Tarbes, seul site français produisant les corps creux des obus de 155 millimètres destinés notamment aux canons Caesar, traversent une nouvelle période d’incertitude. L’usine des Hautes-Pyrénées emploie 63 salariés et a connu plusieurs arrêts de production durant l’été.

La vétusté de certaines machines, des difficultés de trésorerie et l’approvisionnement en matières premières pèsent sur l’activité, selon les témoignages recueillis par France Télévisions et RTL. Les salariés ont adressé une lettre à l’État pour demander des garanties sur l’avenir du site et de son savoir-faire.

Le délégué général pour l’armement Patrick Pailloux a déclaré devant les députés que la situation financière s’était rapidement dégradée pendant l’été. La Direction générale de l’armement a transmis à la justice des éléments concernant des décisions de gestion qui l’interrogent. Cette saisine ne vaut pas constat de culpabilité.

Des commandes en baisse et une production stratégique

La direction des Forges avance une baisse des commandes publiques, passées de 70 000 corps d’obus en 2025 à 30 000 en 2026. Le ministère des Armées a confirmé ces volumes à France Télévisions, alors que les investissements annoncés visaient une capacité industrielle bien supérieure.

L’entreprise appartient au groupe Europlasma, qui cherche un nouvel actionnaire. Son président estime que le niveau actuel des commandes ne permet pas d’atteindre l’équilibre économique et conteste l’idée d’un désengagement de la direction dans l’avenir du site.

La DGA considère cette capacité comme essentielle pour la chaîne française des munitions de 155 millimètres, KNDS ne disposant pas d’alternative nationale équivalente pour ces corps creux. L’État privilégie pour l’instant la recherche d’une solution industrielle, tandis que le suivi financier et réglementaire du site se poursuit.