Régine Hatchondo décrit 2026 comme l’année la plus difficile de ses cinq années à la tête du Centre national du livre. Invitée de France Inter samedi 17 octobre, elle a évoqué une baisse des ventes qui touche désormais l’ensemble des segments de l’édition, après plusieurs exercices déjà marqués par un tassement du marché.
Les chiffres du Syndicat national de l’édition montrent que le mouvement était engagé avant cette nouvelle alerte. En 2025, le chiffre d’affaires des éditeurs français s’est établi à 2,883 milliards d’euros, en recul de 0,63 pour cent sur un an. Le nombre d’exemplaires vendus a baissé de 1,49 pour cent, à 419,6 millions, tandis que les premiers mois de 2026 ont confirmé une dégradation dans toutes les grandes catégories.
Le syndicat professionnel relie cette fragilité à plusieurs facteurs qui se cumulent. Le pouvoir d’achat contraint les achats, le temps consacré à la lecture diminue et les coûts de production restent élevés. Le marché de l’occasion, le piratage et l’arrivée de livres fabriqués avec des outils d’intelligence artificielle ajoutent une pression supplémentaire sur les auteurs, les éditeurs et les libraires.
Le CNL mise sur de nouveaux publics
Cette séquence intervient au moment où le Centre national du livre célèbre ses 80 ans. Créé en 1946, l’établissement public soutient la chaîne du livre, des auteurs aux libraires, et finance aussi des actions destinées à élargir le lectorat. Régine Hatchondo insiste sur la nécessité de retisser un lien régulier avec les jeunes générations, exposées à une concurrence croissante des écrans.
Du 16 au 18 octobre, le CNL organise à Ground Control, près de la gare de Lyon à Paris, le Netflix Book Festival. Le rendez-vous gratuit réunit écrivains, lecteurs et professionnels autour des adaptations de livres à l’écran, avec des rencontres, des lectures et des propositions inspirées de la culture populaire.
La contraction de l’offre traduit aussi l’ajustement engagé par les éditeurs. Le SNE a comptabilisé 36 119 nouveautés et nouvelles éditions en 2025, soit 19,2 pour cent de moins qu’en 2019. Cette réduction ne suffit pas encore à stabiliser un secteur confronté à la baisse des volumes et à des arbitrages de consommation plus sévères.





