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mercredi 14 octobre 2026
Société

L’Assemblée adopte la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles

Les députés ont approuvé le texte en première lecture par 503 voix contre zéro, avec 67 abstentions. La réforme prévoit notamment des unités spécialisées et un cadre minimal d’enquête.

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Hémicycle de l’Assemblée nationale au Palais Bourbon en juillet 2026
Dev Jadiya, Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0 — Source

L’Assemblée nationale a adopté mardi 13 octobre en première lecture les propositions de loi dites intégrales contre les violences sexuelles et sexistes. Le scrutin a réuni 503 voix pour, aucune voix contre et 67 abstentions. Le texte doit désormais poursuivre son parcours parlementaire au Sénat.

Le vote porte sur un ensemble de mesures destinées à mieux prévenir les violences, accompagner les victimes et structurer la réponse policière et judiciaire. L’absence de vote contre ne signifie pas que tous les groupes ont approuvé chaque disposition, comme le montrent les abstentions enregistrées, mais elle donne au texte une base politique très large à ce stade.

Parmi les changements prévus figurent un cadre minimal pour les enquêtes, la création d’unités spécialisées au sein de la police et de la justice ainsi qu’un parcours de soins pour les mineurs victimes. Le texte prévoit aussi un entretien annuel à l’école à partir de 2032 afin de mieux repérer les situations de violence.

Une réforme ambitieuse qui reste à examiner au Sénat

L’adoption en première lecture ne clôt pas la procédure. Les sénateurs pourront modifier le texte, puis les deux chambres devront parvenir à une version commune selon les étapes habituelles de la navette parlementaire. Les mesures et leur calendrier peuvent donc encore évoluer avant une éventuelle promulgation.

La proposition cherche à agir sur plusieurs moments du parcours des victimes. Elle touche à la prévention, au signalement, à l’enquête, aux soins et au traitement judiciaire. Cette approche explique l’emploi du terme intégrale par ses promoteurs, qui veulent éviter une réponse limitée au seul procès pénal.

Le volet consacré aux mineurs occupe une place importante. Le parcours de soins vise à réduire les ruptures d’accompagnement, tandis que l’entretien annuel prévu dans le cadre scolaire doit créer un point de contact régulier. Son entrée en vigueur différée jusqu’en 2032 laisse toutefois plusieurs années pour définir les moyens humains et les modalités concrètes.

La spécialisation annoncée dans la police et la justice répond à une difficulté souvent signalée dans le traitement de ces dossiers. Les affaires de violences sexuelles exigent une collecte méthodique des éléments, une écoute adaptée et une coordination entre services. Le texte fixe un cadre, mais son effet dépendra des moyens, de la formation et des décrets nécessaires à son application.

Le scrutin du 13 octobre constitue donc une étape décisive sans être la dernière. Le débat va désormais se déplacer au Sénat, où l’équilibre entre ambitions, calendrier et ressources pourra être rediscuté avant la suite de la navette.