Aller au contenu
samedi 24 octobre 2026
Economie · France

La RATP trace un cap jusqu’en 2040 entre concurrence et diversification

Xavier Piechaczyk veut faire du groupe un opérateur plus large que le seul transport parisien, au moment où l’ouverture à la concurrence bouleverse son modèle historique.

WhatsApp
Deux métros MP05 de la RATP sur la ligne 1
Mohamed SY / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0 — Source

La RATP veut dépasser son rôle historique d’exploitant des transports parisiens et se projette désormais comme un groupe de mobilité, d’infrastructures et de services urbains à l’horizon 2040. Présentées le 22 octobre par son président-directeur général Xavier Piechaczyk, ces orientations doivent accompagner une transformation déjà engagée par l’ouverture à la concurrence.

Le premier chantier reste le cœur du métier. La concurrence sur les lignes de bus franciliennes doit être totalement mise en place au 1er novembre, après le transfert d’environ 18 000 agents vers les nouvelles structures chargées d’exploiter les lots attribués. Ce changement marque la fin d’une organisation longtemps bâtie autour d’un monopole public sur le réseau parisien.

Le groupe entend parallèlement accélérer hors de son périmètre traditionnel. Sa stratégie distingue trois rôles complémentaires. La RATP veut exploiter des réseaux de transport, gérer des infrastructures et proposer des services liés à la ville, en France comme à l’international. L’objectif annoncé consiste à augmenter le chiffre d’affaires de 20 pour cent d’ici à 2030.

Cette diversification doit réduire la dépendance au marché francilien tout en valorisant les compétences accumulées sur des réseaux très denses. La maintenance, l’ingénierie, les systèmes numériques et la gestion des flux peuvent être vendus à d’autres collectivités ou opérateurs. D’après Xavier Piechaczyk, les activités concurrentielles et filialisées devraient générer davantage de revenus que les activités historiques sous monopole dès 2027.

La feuille de route intègre aussi les effets du changement climatique sur les infrastructures. Les épisodes de chaleur imposent d’adapter les matériels, les bâtiments et l’organisation du travail. Pour un réseau souterrain ancien et très fréquenté, la résilience devient ainsi un sujet industriel autant qu’une question de confort pour les voyageurs.

Le cap fixé pour 2040 ne signifie pas un retrait d’Île-de-France. La région reste le terrain principal du groupe et la vitrine de son savoir-faire. Mais la RATP cherche désormais une croissance qui ne repose plus uniquement sur l’exploitation directe des lignes parisiennes, alors que les contrats sont remis en concurrence et que les responsabilités se répartissent entre plusieurs entités.