Les manifestations et la grève interprofessionnelle du jeudi 5 novembre 2026 ont commencé dans plusieurs villes françaises, avec des cortèges à Marseille, Lyon et Nantes et des blocages de lycéens à Paris. Le gouvernement a mobilisé environ 70 000 policiers et gendarmes pour cette nouvelle journée de contestation sociale, tandis que le principal défilé parisien doit partir dans l’après-midi.
Les organisations syndicales, rejointes par des collectifs lycéens et étudiants, réclament des hausses de salaires et des moyens supplémentaires pour les services publics et l’éducation. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a appelé à une participation importante, évoquant 260 manifestations prévues dans le pays. Le ministère de l’Intérieur dénombrait pour sa part un peu plus de 220 actions de voie publique.
Les services de renseignement anticipaient entre 500 000 et 700 000 participants hors de Paris, une estimation préalable qui ne constitue pas un bilan des manifestants. Dans la capitale, des lycéens ont bloqué une rue avec des poubelles et se sont retrouvés face aux forces antiémeutes dans la matinée, selon les premières constatations sur place.
Écoles et production d’électricité affectées
Le ministère de l’Éducation nationale prévoyait 17,5 % de grévistes parmi les enseignants des écoles primaires publiques. Le mouvement, né de protestations sur l’état des établissements scolaires, s’est étendu aux questions de pouvoir d’achat, d’emploi et de financement des services publics.
La grève avait aussi réduit la production d’électricité nucléaire française tôt jeudi, tandis qu’aucune perturbation majeure n’était encore signalée sur l’ensemble du réseau de transport dans le bilan de la matinée. Les syndicats de cheminots avaient toutefois annoncé leur participation et des perturbations locales étaient attendues.
Un parcours encadré à Paris
À Paris, le défilé principal a été annoncé à 14 heures, au départ de la place de la République. Le parcours vers la place de la Nation a été retenu à la place de l’itinéraire Bastille-Concorde souhaité initialement par les syndicats, mais refusé par la préfecture de police.
Emmanuel Macron avait réuni mercredi 4 novembre un conseil de défense et de sécurité à la veille des manifestations. Les autorités cherchent notamment à éviter de nouvelles violences après les pillages et dégradations survenus en marge de la mobilisation du 17 octobre. Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a annoncé un dispositif de sécurité comparable à celui du 31 octobre, avec la volonté d’assurer la tenue des cortèges et de prévenir les dégradations.
Cette journée intervient deux semaines après la décision des organisations syndicales de maintenir leur appel à la grève malgré leur rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu, le 21 octobre. Le ministère avait également annoncé des restrictions d’itinéraires dans plusieurs villes afin de limiter les risques autour de bâtiments publics et de zones commerçantes.
