La baisse du prix du porc s’accélère et place les élevages mayennais sous pression. Le Marché du porc français a fixé son cours de référence à 1,562 euro le kilo de carcasse jeudi 22 octobre, soit cinq centimes de moins que lors de la séance précédente. La cotation portait sur 17 001 animaux.
À l’échelle d’une exploitation, quelques centimes deviennent vite une lourde charge. Installé depuis vingt-deux ans et à la tête d’un élevage de 7 000 porcs, Mickaël Guilloux estime perdre environ 20 euros par animal au niveau actuel des prix. Il évalue l’impact potentiel à 140 000 euros sur son exploitation.
Son témoignage décrit une chute d’environ 1,90 euro à près de 1,55 euro le kilo en quelques semaines. Le dernier cours du marché national, établi à 1,562 euro, confirme l’ordre de grandeur. Cette évolution intervient alors que les exploitants doivent continuer à payer l’alimentation, l’énergie, les bâtiments et la main-d’œuvre avant de vendre leurs animaux.
La situation est d’autant plus délicate que les réserves financières ne sont pas identiques d’une ferme à l’autre. Les exploitations anciennes peuvent parfois absorber une période de prix bas grâce à leur trésorerie. Celles qui ont récemment investi ou qui remboursent encore leurs installations disposent de moins de marge.
Les éleveurs sortent aussi d’une campagne marquée par la sécheresse et de mauvaises récoltes, deux facteurs susceptibles d’alourdir le coût de l’alimentation. Mickaël Guilloux appelle donc les autres acteurs de la filière à prendre leur part de responsabilité afin que la baisse ne repose pas uniquement sur les producteurs.
Au-delà du revenu immédiat, l’enjeu concerne le maintien de la production locale. Une dégradation prolongée des marges peut conduire à reporter des investissements ou à réduire les cheptels. La diminution du nombre d’élevages pèserait ensuite sur l’approvisionnement en viande porcine française.





