La Martinique a connu une troisième nuit de violences entre mardi 20 et mercredi 21 octobre, malgré une baisse de l’intensité et de l’étendue des troubles selon la préfecture. Quatorze communes ont été touchées. Onze personnes ont été interpellées et trois armes à feu saisies au cours des opérations menées par les forces de sécurité.
Des gendarmes ont de nouveau été visés par des tirs à Ducos. Le GIGN et des véhicules blindés ont été mobilisés pour sécuriser les interventions. Un policier a aussi été blessé à la tête par un projectile, sans gravité selon le bilan communiqué mercredi matin. Les principaux axes routiers avaient été rouverts à la circulation vers 6 heures.
Les dégâts les plus visibles ont été signalés au Lamentin. Un incendie a détruit sept véhicules et en a exposé quatre autres à la chaleur sur le site de Place-d’Armes. Le rez-de-chaussée du gymnase du collège Édouard-Glissant, sur une surface d’environ 300 mètres carrés, a également été ravagé par le feu. Aucun pillage de commerce ni vol à main armée n’a été recensé pendant cette troisième nuit.
Le couvre-feu instauré de 22 heures à 5 heures dans six communes a facilité l’action des forces de l’ordre et des secours, selon les autorités. Il concerne Fort-de-France, Le Lamentin, Schœlcher, Saint-Joseph, Le Robert et Ducos. La mesure restait en vigueur mercredi soir, avec l’objectif déclaré de prévenir de nouveaux troubles et de protéger les interventions.
Ces violences se produisent en marge d’une mobilisation contre la vie chère. Les revendications portent sur le coût des produits, le pouvoir d’achat et, plus largement, les conditions de vie dans les territoires antillais. Elles doivent être distinguées des tirs, incendies et dégradations, que les autorités qualifient d’actes criminels et qui relèvent d’enquêtes judiciaires.
La situation n’évolue pas de manière identique dans toute la zone. En Guadeloupe, la nuit précédente avait été décrite comme relativement calme, même si treize interpellations avaient été enregistrées et plusieurs incidents signalés. Mercredi matin, des barrages subsistaient encore dans certains secteurs, signe que la contestation sociale n’était pas terminée.
La diminution des troubles constatée en Martinique ne signifie donc pas un retour complet à la normale. Les transports reprenaient progressivement dans le centre de l’île, tandis que les services de l’État maintenaient le dispositif de sécurité. Le bilan de la nuit du 20 au 21 octobre marque une accalmie relative, mais les tirs contre les forces de l’ordre et les incendies au Lamentin maintiennent un niveau d’alerte élevé.





