L’historien et professeur émérite au Collège de France, Pierre Rosanvallon, était l’invité du grand entretien de France Inter le mardi 15 septembre 2026. L’universitaire est venu présenter son nouvel essai intitulé « La Tyrannie du présent », publié aux éditions du Seuil, dans lequel il ausculte l’incapacité croissante des démocraties contemporaines à embrasser les enjeux du futur.
Au micro de la radio publique, le chercheur a alerté sur trois « bombes à retardement » qui menacent la stabilité des sociétés : l’accélération du dérèglement climatique, la fragilisation de l’équilibre des retraites et l’accumulation continue de la dette publique. Trois défis majeurs que les mécanismes actuels de décision échouent à traiter avec la gravité requise.
Pierre Rosanvallon a dénoncé avec vigueur une « myopie démocratique » entretenue par le primat de l’urgence et les échéances électorales de court terme. Selon son analyse, reporter le fardeau financier et écologique de ces arbitrages non tranchés sur les générations futures constitue désormais une injustice fondamentale au cœur de nos systèmes politiques.
Pour sortir de cette impasse et réintroduire le temps long dans l’action politique, l’universitaire avance une proposition de réforme institutionnelle : l’instauration d’un « parlement du long terme ». Ce nouvel organe s’inspirerait directement des commissions mixtes de l’ancien Commissariat au Plan, chargées autrefois d’éclairer la décision publique au-delà des alternances partisanes.
L’échéance présidentielle en ligne de mire
En perspective de l’élection présidentielle de 2027, Pierre Rosanvallon a affirmé qu’une accession au pouvoir du Rassemblement national n’avait rien d’inéluctable. Pour contrer cette perspective, l’essayiste plaide pour une refondation globale de l’exercice démocratique, condition nécessaire au rétablissement de la confiance citoyenne.





