À Saint-Benin-d’Azy, dans la Nièvre, la commune a choisi d’intervenir directement pour éviter que les derniers services du bourg ne disparaissent. La mairie a racheté un café fermé et installé l’agence postale dans ses propres locaux.
Cette politique répond à une fragilité ancienne des territoires ruraux. Plus de six habitants de la Nièvre sur dix vivent dans une commune rurale et la disparition d’un commerce peut aussi supprimer un lieu de rencontre, un relais d’information et parfois le dernier service accessible sans long déplacement.
Le maire Jean-Luc Gauthier explique avoir fait déplacer l’agence postale à l’intérieur de l’hôtel de ville. L’objectif est de conserver le service tout en mutualisant les locaux et l’accueil, plutôt que de laisser s’installer une nouvelle fermeture.
La commune a également acquis le fonds de commerce du Bistrot des Copains. Une annonce légale confirme une cession signée le 24 septembre 2024 pour 5 000 euros, avec une entrée en jouissance le même jour.
Un café communal remis en activité
Le rachat public ne signifie pas que la mairie exploite elle-même durablement le bar. Elle sécurise le local et l’activité afin de permettre une reprise, avec l’idée de préserver un établissement qui structure la place du village.
Dans d’autres communes du département, la même logique prend la forme d’épiceries participatives, de commerces itinérants ou de services regroupés. Ces dispositifs compensent une clientèle dispersée et des volumes parfois insuffisants pour un modèle commercial classique.
Le dossier de Saint-Benin-d’Azy montre aussi que la sauvegarde d’un service rural dépend souvent d’une décision municipale très concrète. Le prix d’achat du café, l’utilisation de bâtiments déjà disponibles et la recherche d’un repreneur pèsent alors davantage que les grands programmes nationaux.





