Plusieurs centaines de personnes ont défilé dimanche 18 octobre au Verdon-sur-Mer, en Gironde, pour demander l’abandon du projet de ferme terrestre de saumons porté par Pure Salmon. Le cortège a relié Port-Médoc à la plage de la Chambrette, au plus près du secteur concerné, donnant une visibilité nouvelle à une opposition engagée depuis plusieurs années.
L’affluence fait l’objet de deux estimations nettement différentes. Les organisateurs ont revendiqué 2 000 participants, tandis que la préfecture en a compté 500. Cet écart ne change pas le constat d’une mobilisation qui dépasse le cercle des associations locales et réunit désormais des collectifs environnementaux, des riverains et des élus opposés au projet.
Pure Salmon prévoit un investissement annoncé de 280 millions d’euros sur environ quatorze hectares, avec une capacité pouvant atteindre 10 000 tonnes de saumon par an. Le porteur du projet met en avant la création de 250 emplois directs et la réduction de la dépendance française aux importations de poisson.
La préfecture de la Gironde a signé l’autorisation environnementale le 3 août 2026. Elle affirme avoir assorti le projet de prescriptions strictes et prévoit une commission de suivi du site. Cette décision administrative n’a pas mis fin au conflit, car plusieurs recours ont été déposés contre les autorisations accordées.
Le débat se déplace vers les impacts du site
Les opposants concentrent leurs critiques sur les besoins en eau, les rejets, la consommation d’énergie et les risques sanitaires associés à un élevage intensif en circuit fermé. Ces arguments restent des positions portées par les collectifs mobilisés et doivent encore être examinés dans le cadre des procédures contentieuses.
Le lieu de la marche était directement lié à leur stratégie. La plage de la Chambrette et l’estuaire voisin rendent visible la question des rejets et de la préservation du milieu aquatique, au cœur des recours. La manifestation a ainsi cherché à relier un dossier technique à un paysage familier des habitants du Médoc.
Le calendrier judiciaire devient désormais déterminant. Selon la Ligue pour la protection des oiseaux, les recours visent notamment le permis de construire et l’autorisation environnementale, avec une première audience qui pourrait intervenir au printemps 2027. Dans l’intervalle, l’autorisation préfectorale demeure en vigueur et le projet conserve son cadre administratif.




