Une soixantaine de victimes présumées ont franchi les portes du tribunal judiciaire pour être entendues par les deux juges d’instruction chargées de l’information judiciaire visant Christian Nègre. Cette réunion collective, tenue le jeudi 10 septembre 2026, avait pour objectif de faire le point sur les investigations en cours et d’éclairer les plaignantes sur l’état d’avancement d’un dossier pénal particulièrement dense.
Christian Nègre, ancien haut fonctionnaire ayant exercé les responsabilités de directeur des ressources humaines au sein du ministère de la Culture, demeure mis en examen depuis 2019. L’ex-responsable administratif fait l’objet de poursuites pour administration de substances nuisibles, agressions sexuelles, violences volontaires ainsi qu’atteinte à l’intimité de la vie privée.
Le mode opératoire reproché au mis en cause consistait à cibler des femmes dans un cadre de recrutement formel. L’homme est soupçonné d’avoir versé discrètement un puissant diurétique dans les boissons de candidates lors d’entretiens professionnels, dans le but d’altérer leur résistance physique et de les contraindre à uriner devant lui ou dans l’espace public sous son observation directe.
Cette affaire tentaculaire de soumission chimique s’est considérablement élargie au fil des années d’investigations techniques et d’analyses médico-légales. Les enquêteurs ont dénombré près de 300 victimes potentielles sur une longue période d’agissements présumés, parmi lesquelles 191 femmes ont formellement officialisé leur démarche en se constituant parties civiles.
Une attente insoutenable jusqu’à l’horizon 2028
En dépit de cette étape formelle d’échange avec l’institution judiciaire, les plaignantes et leur conseil, Me Louise Bériot, ont fustigé le manque de visibilité entourant le calendrier des poursuites et la lenteur générale de l’instruction. Les perspectives transmises aux représentantes des victimes indiquent qu’un renvoi effectif devant une juridiction de jugement n’est pas envisagé avant 2028.





