Entre 120 000 et 150 000 dossiers médicaux d’anciens mineurs des Houillères du bassin de Lorraine, entreposés au Centre des archives industrielles et techniques de Saint-Avold, en Moselle, sont menacés d’une destruction pure et simple. Cette perspective d’élimination massive découle directement d’un manque d’espace et d’une saturation avancée des capacités matérielles de stockage au sein du site mosellan.
Le projet d’élimination physique de ces archives historiques de l’ancien établissement public Charbonnages de France n’est plus une simple hypothèse technique. La mesure a été formellement évoquée lors de plusieurs réunions de concertation regroupant l’Agence nationale pour la garantie des droits des mineurs (ANGDM), les responsables des Archives nationales ainsi que les représentants des services de l’État.
Ces documents conservent pourtant des antécédents médicaux d’une importance capitale pour le suivi sanitaire des anciens agents du sous-sol. Les chemises renferment des séries de radiographies pulmonaires, des bilans complets sur les capacités respiratoires et des relevés précis attestant de l’exposition professionnelle prolongée à des substances hautement cancérogènes, au premier rang desquelles figure l’amiante.
L’éventualité de ce pilonnage suscite une vive opposition de la part de plusieurs représentants syndicaux, dont Emidio Margani pour la CFDT mineurs, ainsi que du député Emmanuel Fernandes. Les intervenants alertent unanimement sur le péril d’un tel effacement, susceptible de priver de manière irréversible les anciens mineurs et leurs ayants droit des preuves matérielles nécessaires pour faire reconnaître leurs maladies professionnelles devant la justice.
Une course contre la montre pour récupérer les pièces administratives
Face aux incertitudes majeures qui pèsent sur la sauvegarde pérenne de ces fonds historiques, les organisations syndicales passent à l’action. Elles recommandent expressément à l’ensemble des anciens mineurs du bassin lorrain, ainsi qu’à leurs proches et familles, d’engager sans attendre les démarches requises afin de solliciter et d’obtenir une copie intégrale de leur dossier médical.
