La jeune pousse Viraj Aero, fondée en 2024 et installée au sein du pôle aéronautique de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, développe une technologie de rupture d’injection de vapeur d’eau spécialement adaptée aux turbines aéronautiques, marquant une nouvelle étape dans la décarbonation du secteur aérien.
Ce procédé technique trouve son inspiration dans les turbines à gaz industrielles terrestres. Il consiste à collecter et recycler l’eau contenue dans les gaz d’échappement de l’aéronef, pour ensuite l’évaporer sous haute température et la réinjecter directement au cœur de la chambre de combustion du réacteur.
Grâce à ce mécanisme d’optimisation thermodynamique, la société ambitionne de réduire la consommation de carburant fossile des appareils d’environ 30 % à 40 %. En parallèle, le système génère un abaissement significatif des émissions toxiques d’oxydes d’azote (NOx) et limite grandement la formation des traînées de condensation en haute altitude.
Pour éviter l’alourdissement critique des appareils causé par l’embarquement de réservoirs d’eau volumineux, l’équipe d’ingénierie a mis au point un dispositif très compact d’échange thermique et de condensation. Cet équipement permet à l’eau de circuler en boucle fermée pendant toute la durée du vol, garantissant l’autonomie du processus.
Un banc d’essai aérien prévu pour 2027
L’entreprise, aujourd’hui présidée et cofondée par Joseph Risson, s’appuie sur une structure opérationnelle d’une quinzaine de salariés pour concrétiser cette innovation. Le calendrier industriel prévoit un tout premier vol d’essai dès 2027 grâce à l’intégration du mécanisme sur un démonstrateur d’aviation légère nommé « Ailefroide ».
Après cette étape de validation en vol avec l’aéronef « Ailefroide », la direction de l’entreprise projette de transposer son système à des turbines de plus grande puissance, ciblant initialement le secteur de l’aviation régionale avant d’engager le déploiement de sa technologie sur les lignes d’avions commerciaux de gros tonnage.





