Repousser la rénovation du palais de Westminster pourrait ajouter jusqu’à 420 millions de livres par année de retard au coût total du programme. Dans un rapport publié mercredi 4 novembre, la commission des comptes publics du Parlement britannique presse les deux chambres de clarifier la conduite du chantier et les conditions de leur déménagement temporaire.
L’alerte concerne à la fois les finances publiques et la préservation du bâtiment londonien. Euronews rappelle que les installations électriques vieillissantes, les infiltrations et les maçonneries dégradées fragilisent le palais. La commission estime que l’inaction accroît le risque d’un incident majeur susceptible d’interrompre le fonctionnement du Parlement.
Le coût de l’attente est distinct du prix des travaux eux-mêmes. L’entretien du palais mobilise déjà environ 1,5 million de livres par semaine et devrait atteindre 2 millions, selon la commission. Le vote d’orientation envisagé avant Pâques 2026 n’a pas eu lieu. Le report du vote de l’été à la fin de 2026 pourrait ajouter jusqu’à 290 millions de livres à la facture prévisionnelle.
Le déménagement provisoire conditionne les travaux
La difficulté ne consiste pas seulement à choisir un budget. Il faut aussi préparer les lieux où siègeront les parlementaires. Les Communes doivent pouvoir rejoindre les bâtiments du Northern Estate, dont la rénovation est retardée. Pour les lords, l’acquisition du centre de conférences Queen Elizabeth II prend plus de temps que prévu. La commission demande une planification commune de ces relogements et de la restauration du palais.
Les choix à venir portent aussi sur l’occupation du bâtiment pendant le chantier. Le rapport parlementaire chiffre le départ des deux chambres pendant une grande partie des travaux entre 11,1 et 15,6 milliards de livres, pour un programme de 19 à 24 ans. L’autre scénario que les parlementaires sont invités à approfondir maintiendrait davantage d’activité sur place, avec un coût estimé entre 19,5 et 39,2 milliards et une durée de 38 à 61 ans.
Ces fourchettes restent des estimations, pas des dépenses définitivement autorisées. La commission ne choisit pas de scénario. Elle demande davantage de certitudes sur les coûts et un pilotage plus clair avant la décision finale prévue en 2030 sur la phase principale du programme.
