Le centre de santé de Saint-Martory, en Haute-Garonne, fonctionne encore alors que son cabinet médical menaçait de fermer il y a trois ans. Deux des quatre praticiens étaient partis et les charges d’un local dimensionné pour une équipe plus large devenaient difficiles à supporter.
Les deux généralistes restantes ont rejoint le groupement Ma santé, Ma Région et sont devenues salariées avec leur secrétaire. Le centre figure toujours dans l’annuaire officiel de la Région Occitanie, qui indique trois praticiens et des consultations organisées du lundi au vendredi.
Pour les médecins, le changement de statut transfère au gestionnaire la facturation, les impayés et une partie des tâches administratives. La docteure Hélène Rusques explique à franceinfo avoir conservé un niveau de rémunération proche de celui de son activité libérale tout en consacrant davantage de temps aux patients.
Un outil ciblé contre les déserts médicaux
La Région assure avoir salarié environ 140 médecins en cinq ans et labellisé 29 centres de santé. Selon son vice-président chargé de la santé, Vincent Bounes, le dispositif aurait permis à près de 40 000 habitants de retrouver un médecin traitant dans des secteurs ruraux, urbains ou périurbains en tension.
Le modèle repose sur les remboursements de l’Assurance maladie, les aides nationales et une contribution régionale. Vincent Bounes évalue cette dernière à 600 000 euros pour 2026, à comparer au budget global de 3,5 milliards d’euros de la collectivité. Ces chiffres relèvent de l’évaluation présentée par la Région.
Le salariat ne fait pas disparaître toutes les difficultés. Le centre de Saint-Martory reste en sous-effectif et les médecins doivent assurer des créneaux d’urgence, des visites à domicile et certaines gardes hospitalières. Le syndicat UFML estime pour sa part que cette organisation ne doit pas remplacer la médecine libérale et s’interroge sur le volume de consultations assuré.
D’autres régions utilisent désormais des mécanismes comparables, notamment le Centre-Val de Loire, l’Auvergne-Rhône-Alpes et le Grand Est. À Saint-Martory, l’effet le plus concret demeure la continuité d’un cabinet de proximité qui préparait sa fermeture.





