Le Musée national de la Marine consacre près de 280 œuvres à l’histoire de l’exploration sous-marine dans une exposition ouverte à Paris depuis le 14 octobre. Présentée au Palais de Chaillot jusqu’au 4 avril 2027, elle suit les tentatives humaines pour observer, cartographier et habiter les profondeurs.
Le parcours remonte aux récits antiques avant de montrer comment les premières cloches de plongée ont permis de travailler sous l’eau. Maquettes, équipements, photographies et œuvres d’art racontent ensuite le passage des dispositifs rudimentaires aux submersibles mécaniques puis aux scaphandres autonomes.
Parmi les pièces mises en avant figure une maquette du Plongeur, sous-marin construit à Rochefort entre 1860 et 1863. Le bâtiment, long de 44,5 mètres, pouvait descendre à une dizaine de mètres et compte parmi les premiers submersibles opérationnels de la marine française.
Une histoire scientifique autant qu’imaginaire
L’exposition montre aussi la transformation du scaphandre au XIXe siècle. Les équipements reliés à une pompe en surface ont progressivement laissé place à des appareils plus autonomes, tandis que les travaux sur la pression et la décompression réduisaient les risques encourus par les travailleurs sous-marins.
Le récit ne se limite pas aux progrès techniques. La pieuvre, les sirènes, les mondes engloutis et les images populaires de l’océan occupent une place importante. Les commissaires rapprochent ainsi les objets scientifiques des œuvres qui traduisent les peurs et les rêves suscités par les profondeurs.
Cette présentation parisienne constitue le point d’orgue d’un cycle déployé dans le réseau du musée. Port-Louis s’intéresse aux machines marines d’Henri Dupuy de Lôme, Brest à la cartographie des fonds, Rochefort aux premiers submersibles et Toulon à l’aventure des plongeurs en Méditerranée.
Le Musée de la Marine rappelle que seuls 20 à 30 pour cent des reliefs sous-marins ont été cartographiés et qu’une part infime des fonds a été observée directement. Ces espaces restent au centre d’enjeux scientifiques, environnementaux, économiques et militaires, notamment autour des câbles sous-marins et des ressources minérales.





